Abidjan, 19 fév 2026 (AIP) – L’Organisation interprofessionnelle du coton (INTERCOTON), en partenariat avec le Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA), a organisé les 16 et 17 février 2026 à Bouaké un atelier de cadrage consacré à la mise en place des haies vives dans la filière coton, dans le cadre du projet « Résilience des systèmes cotonniers du Nord de la Côte d’Ivoire » (RESCO), selon une note d’information transmise à l’AIP.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte marqué par les effets croissants du changement climatique, qui constituent une menace majeure pour la durabilité des productions agricoles.
Les haies vives, composées notamment d’espèces végétales telles que le jatropha, le campêche et le ziziphus, sont appelées à jouer un rôle stratégique. Elles serviront de barrières naturelles destinées à protéger les champs de coton contre l’intrusion des animaux, à atténuer les effets du vent responsables de l’érosion éolienne et du dessèchement des sols, à limiter le ruissellement en périphérie des parcelles et à contribuer à l’enrichissement des sols en matière organique.
Au-delà des enjeux agronomiques, ces haies participent également à une meilleure gestion de la cohabitation entre agriculture et élevage, à travers le suivi des producteurs bénéficiaires et la sensibilisation des populations dans les zones exposées aux risques de conflits.
La mise en œuvre du projet, entamée depuis la campagne 2024-2025, a déjà permis le recrutement de consultants spécialisés, notamment un expert en agroforesterie, un sociologue ainsi que des pépiniéristes.
Elle a également donné lieu à l’acquisition d’équipements techniques, tels que des tarières destinées aux opérations de plantation. L’atelier de Bouaké visait ainsi à structurer et harmoniser l’ensemble du dispositif opérationnel en vue d’un déploiement efficace et cohérent sur le terrain.
Représentant le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Production vivrière, le directeur des Cultures pérennes et de l’Exploitation, Coulibaly Ali, a précisé que la mise en place des haies vives devra à la fois protéger les parcelles contre l’érosion et le dessèchement des sols, et faciliter la gestion de la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs dans les zones dites conflictogènes.
Le directeur du département Cultures d’exportation et Diversification du FIRCA, Ehouman Anderson, a souligné qu’il s’agit d’un « nouveau défi » dont la réussite pourrait ouvrir la voie à une généralisation du dispositif, contribuant ainsi à atténuer durablement les conflits liés à la divagation des animaux et aux dégâts causés par le bétail sur les parcelles de coton.
Pour sa part, le directeur général de la Fédération des producteurs de coton de Côte d’Ivoire (FPC-CI), Silué Kassoum, a exprimé l’intérêt accordé par les producteurs à cette initiative, tant pour la protection des parcelles que pour la sécurisation des investissements consentis par les exploitants.
(AIP)
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