San Pedro, 19 fév 2026 (AIP) – Les chauffeurs de taxis ont observé un arrêt de travail dans la ville de San Pedro, mercredi 18 février 2026, pour exprimer leur refus d’appliquer les mesures du préfet interdisant l’usage du gaz butane comme source d’énergie des véhicules dans le département de San Pedro, en application des instructions reçues du ministère des Transports.
Les taxis en situation d’illégalité, tout comme ceux fonctionnant au carburant conventionnel, ne sont pas sortis de la journée. Les chauffeurs des véhicules en règle ont préféré s’abstenir de circuler, par crainte d’agressions de la part de leurs collègues réfractaires.
Au carrefour du quartier Colas, quelques chauffeurs de taxi s’étaient attroupés avec l’intention de semer des troubles, mais ils ont été dissuadés par la présence et la vigilance des éléments de la police et de la gendarmerie déployés sur les lieux.
Selon certains conducteurs, cet arrêt de service fait suite à l’entrée en vigueur de la décision préfectorale ordonnant aux forces de défense et de sécurité d’effectuer des contrôles à compter de ce jour. Ils ont plaidé pour un moratoire de quelques mois, afin de permettre aux propriétaires de réunir les ressources nécessaires pour remettre les véhicules en conformité en réadaptant leur système d’alimentation à l’état initial.
Le vice-président du Haut Conseil du patronat des entreprises de transport, Sékou Koné, a précisé qu’il ne s’agit pas d’une grève décidée par les organisations syndicales du secteur, mais d’un mouvement initié par certains chauffeurs, à la surprise des responsables du patronat qui les avaient pourtant sensibilisés la veille en les invitant à se conformer aux mesures gouvernementales.
Il a également demandé au préfet de renforcer les dispositifs sécuritaires afin de permettre aux taxis en règle de circuler librement, sans subir de menaces ni d’agressions de la part des récalcitrants.
Le secrétaire général 2 de préfecture, Zagou Serge Rodrigue, a indiqué, au cours d’une rencontre avec la presse en présence du préfet de la région de San Pedro, préfet du département de San Pedro, Ousmane Coulibaly, que l’autorité préfectorale demeure ferme quant au respect des lois et règlements régissant tous les secteurs d’activités, afin de garantir la libre circulation des populations et le déroulement normal des activités.
M. Zagou a précisé que des instructions ont été données à la Société de transport abidjanaise (SOTRA) pour renforcer la fréquence de ses lignes, et que la police a été mobilisée afin d’assurer la sécurité sur l’ensemble du territoire communal.
Il a souligné que les autorités locales ont tenu, sous la présidence du préfet, plusieurs réunions d’échanges avec les transporteurs propriétaires de véhicules, au cours desquelles ils ont été informés et sensibilisés aux mesures gouvernementales.
Dans la commune de San Pedro, sur plus de 1 000 taxis recensés, 98 % fonctionnent au gaz butane. Plusieurs points de ravitaillement clandestins ont été identifiés et font actuellement l’objet d’opérations de démantèlement sur instruction du préfet.
M. Zagou a conclu en affirmant que l’administration reste ouverte au dialogue, sans toutefois remettre en cause l’application stricte des mesures gouvernementales.
(AIP)
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