Abidjan, 19 fév 2026 (AIP) – À la veille du 12ᵉ congrès électif de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), prévu les 20 et 21 février 2026 à la Maison de la Presse d’Abidjan, l’ancien premier vice-président de l’organisation, César Etou, appelle au maintien des deux listes validées par le Conseil d’administration.
Face à des contestations du camp adverse autour de la candidature de la tête de la liste “Un journalisme d’excellence pour une grande nation”, Franck Ettien, César Etou a produit une déclaration adressée aux membres de l’Union.
L’ancien président de la Commission Ebony et organisateur de plusieurs congrès de 1996 à 2019 invite les journalistes à privilégier le respect des textes et la cohésion de la corporation.
« Traquer toute forme de fraude est une tâche noble dans notre milieu. Mais encore faut-il que cela se fasse dans le strict respect de nos statuts et de notre règlement intérieur », a-t-il déclaré, soulignant que les textes en vigueur, à sa connaissance, n’ont pas été modifiés par un congrès depuis son départ de la direction de l’Union.
Abordant le motif avancé pour justifier une éventuelle invalidation, il a précisé que l’exercice d’une fonction administrative par un journaliste ne saurait, à lui seul, constituer une cause automatique d’exclusion.
« Nos textes sont clairs. Pour qu’il y ait inéligibilité, il faut démontrer que le journaliste a cessé d’appartenir à une rédaction et qu’il ne tire plus l’essentiel de ses revenus de la profession. Il faut des preuves, notamment la démonstration que le salaire administratif est largement supérieur au revenu journalistique », a-t-il expliqué.
Selon César Etou, ces dispositions visent à éviter de pénaliser les journalistes engagés dans des collaborations ou consultances auprès d’organisations légalement constituées. « L’esprit du texte est de protéger la profession, pas de l’affaiblir par des interprétations extensives », a-t-il insisté.
Évoquant l’hypothèse d’une fraude avérée, César Etou a averti: « si les preuves sont établies, le candidat doit être retiré du jeu. Mais il faut aussi assumer toutes les implications. La Commission paritaire d’attribution de la Carte d’identité de journaliste professionnel serait mise en cause pour déficit de vigilance et le Conseil exécutif, qui aurait laissé siéger un membre irrégulier, devrait en répondre devant le congrès ».
Concernant l’argument relatif à des cartes professionnelles antidatées, il s’est montré catégorique. « On ne peut pas soutenir cet argument si le journaliste est resté membre du Conseil exécutif sans discontinuer pendant les trois dernières années. Il était donc détenteur de la carte professionnelle et de la carte UNJCI durant toute cette période », a-t-il affirmé.
Au regard de ces enjeux, l’ancien dirigeant appelle à la prudence et à la responsabilité collective. « Il me paraît plus sage d’aller au congrès avec les deux listes validées par le Conseil d’administration, qui a travaillé sur des pièces dont l’authenticité n’a pas été contestée, même dans le cadre des contentieux ouverts avant la publication définitive des candidatures », a-t-il soutenu, avant de souhaiter « bonne chance aux deux candidats têtes de liste et un bon congrès à tous ».
Instance suprême de décision de l’UNJCI, ce 12ᵉ congrès s’annonce déterminant pour l’avenir de la faitière des journalistes ivoiriens, dans un climat où l’appel à l’unité et au respect des règles internes apparaît comme un impératif pour préserver la crédibilité et la cohésion de la profession.
(AIP)
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