Abidjan, 20 fév 2026 (AIP) – La 8ᵉ édition du Festival Sud-Comoé Agnintiè mettra au cœur de ses activités la problématique de l’orpaillage illicite dans la région du Sud-Comoé, ont annoncé les organisateurs, vendredi 20 février 2026, lors de la cérémonie officielle de lancement organisée dans la salle des Pas Perdus du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), à Abidjan Plateau.
Le commissaire général du festival, Paul Animan Koffi, a indiqué que cette édition marque un tournant. Après avoir valorisé, les années précédentes, les richesses culturelles, les figures universitaires et les autorités traditionnelles de la région, le festival entend désormais aborder une problématique majeure affectant directement les populations.
Prévue du 20 au 29 mars, la manifestation comprendra un colloque scientifique et une vaste campagne de sensibilisation dans plusieurs localités impactées par l’exploitation illégale de l’or.
Le colloque, placé sous le thème « L’orpaillage clandestin : causes, conséquences et solutions, cas du Sud-Comoé », sera marqué par une conférence inaugurale animée par le ministre des Mines, Sangafowa Coulibaly. Des experts interviendront également sur le potentiel minier de la région, ses opportunités ainsi que les risques liés à une exploitation anarchique.
L’initiative bénéficie de l’appui de la direction générale des Mines et de la Géologie et de la Société pour le développement minier de la Côte d’Ivoire (SODEMI), dont le directeur général participera aux travaux. En parallèle, une campagne de sensibilisation sera menée dans une dizaine de localités touchées.
Le président du Conseil régional du Sud-Comoé et président du CESEC, Dr Eugène Aka Aouélé, a dressé un tableau préoccupant de la situation. Il a souligné que l’orpaillage clandestin constitue une menace pour l’environnement, la santé des populations et l’avenir des générations futures, évoquant notamment la déforestation, la dégradation des sols et la pollution des cours d’eau par des substances toxiques telles que le mercure et le cyanure.
Il a également mis en exergue les répercussions sociales et économiques, notamment la perte de terres agricoles, la raréfaction des ressources halieutiques et la fragilisation des communautés riveraines. À l’échelle nationale, a-t-il rappelé, entre 30 et 40 tonnes d’or quitteraient illicitement le pays chaque année, entraînant un important manque à gagner pour l’État.
Au-delà de sa vocation culturelle et artistique, le Festival Sud-Comoé Agnintiè entend s’affirmer comme un cadre de réflexion et d’engagement citoyen. Les conclusions du colloque devraient déboucher sur des recommandations concrètes en vue de lutter durablement contre l’orpaillage illicite et de promouvoir un développement respectueux de l’environnement et des communautés dans le Sud-Comoé.
(AIP)
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