Abidjan, 23 fév 2026 ( AIP)- Le bras de fer commercial entre Washington et ses alliés franchit un nouveau palier.
Malgré un désaveu de la Cour suprême des États-Unis, le président Donald Trump a annoncé samedi 21 février 2026, porter les droits de douane mondiaux de 10% à 15% avec effet immédiat.
Cette décision a provoqué dimanche 22 février 2026, une réaction immédiate de la Commission européenne, qui rappelle les États-Unis à leurs engagements internationaux en soulignant qu’un accord est un accord.
En tant que premier partenaire commercial des États-Unis, l’exécutif européen a indiqué dans un communiqué qu’il attend de Washington le respect des engagements pris dans la déclaration commune, a rapporté dimanche 2026 l’Agence de Presse turque Anadolu.
Cette accélération fait suite à un arrêt rendu vendredi par la Cour suprême. Par six voix contre trois, la plus haute juridiction des États-Unis d’Amérique a jugé que le président Donald Trump ne pouvait justifier l’instauration de ces surtaxes par la seule invocation d’une urgence économique.
Selon le président de la Cour, John Roberts, le chef de l’exécutif doit disposer d’une autorisation claire du Congrès pour mettre en place de nouveaux droits de douane.
En réponse, Donald Trump a choisi la surenchère sur son réseau Truth Social, affirmant porter les taxes au niveau pleinement autorisé, ignorant les risques de contentieux juridiques concernant les 130 milliards de dollars déjà perçus en 2025.
Contrairement aux précédentes vagues de taxes, cette hausse s’applique aux pays ayant conclu des accords commerciaux avec Washington, dont l’Union européenne, le Japon, la Corée du Sud ou Taïwan.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé vouloir coordonner une position européenne commune avant une prochaine rencontre avec Donald Trump, tandis que le président français Emmanuel Macron a appelé à des échanges fondés sur les règles les plus loyales. De son côté, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a mis en garde contre une nouvelle Guerre froide commerciale.
L’objectif affiché par la Maison Blanche reste de réduire le déficit commercial américain et de générer des recettes pour compenser des baisses d’impôts. Toutefois, la stratégie de la présidence plonge les marchés dans l’incertitude, notamment concernant les exemptions sectorielles prévues pour l’industrie pharmaceutique et les biens circulant dans le cadre de l’accord États-Unis–Mexique–Canada.
L’arrêt de la Cour suprême ouvre désormais la voie à d’éventuelles demandes de remboursement de la part des entreprises ayant déjà acquitté ces surtaxes, un sujet qui pourrait donner lieu à des contentieux pendant plusieurs années.
(AIP)
sdaf/cmas
