Abidjan, 23 fév 2026 (AIP) – Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a lancé lundi 23 février 2026, un appel pressant à rebâtir l’architecture mondiale de sécurité, face à la montée des tensions géopolitiques et à l’augmentation record des dépenses militaires.
S’exprimant devant la Conférence du désarmement à Genève, en Suisse, le chef de l’Organisation des Nations unies (ONU) a dénoncé « une période de changement chaotique », marquée par des violations « effrontées » du droit international et « l’usage imprudent de la force dans de nombreuses régions ».
Selon lui, ces dynamiques nourrissent de « nouvelles courses aux armements », alors que les dépenses militaires mondiales ont atteint 2 700 milliards de dollars l’an dernier, soit « treize fois plus que toute l’aide au développement » et l’équivalent du produit intérieur brut total de l’Afrique.
Dans ce contexte, António Guterres a mis en garde contre les réponses sécuritaires fondées sur la surenchère militaire. « Les populations effrayées pourraient facilement trouver du réconfort dans des discours durs. Ce n’est cependant pas la voie vers une sécurité véritable ou durable », a-t-il prévenu, soulignant que « le désarmement n’est pas un luxe dont on ne peut jouir qu’en temps de paix. C’est un moyen de prévenir la guerre ».
Le Secrétaire général a rappelé que le contrôle des armements nucléaires « a prouvé sa valeur », affirmant qu’il a permis d’éviter une catastrophe et de réduire considérablement les arsenaux.
Il a salué l’engagement de la Russie et des États-Unis à poursuivre des accords contraignants, malgré l’expiration, le 5 février dernier, du traité New START, signé en 2010 et entré en vigueur en 2011. Cet accord plafonnait le nombre d’armes nucléaires stratégiques déployées par Washington et Moscou, qui détiennent à eux seuls la majorité du stock mondial.
Son expiration laisse un vide dans un contexte international fragmenté par les rivalités géopolitiques, alors que la rhétorique nucléaire occupe de nouveau une place centrale dans les tensions contemporaines.
Plaidant pour « une architecture de sécurité internationale renouvelée », fondée sur la coopération et la prévention de l’escalade, le chef de l’ONU a exhorté la Conférence du désarmement à retrouver pleinement son rôle d’organe de négociation multilatérale.
« L’arrêt de la course aux armements nucléaires est essentiel », a-t-il insisté, appelant également à prévenir toute course aux armements dans l’espace et, à terme, à envisager « l’élimination totale des armes nucléaires ».
(AIP)
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