Abidjan, 26 fév 2026 (AIP) – L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé, jeudi 26 février 2026, quatre années d’exactions commises contre des journalistes depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, le 24 février 2022, et annoncé le dépôt d’une plainte auprès de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité.
Dans un communiqué publié à l’occasion du quatrième anniversaire du conflit, RSF indique que plus de 175 journalistes ont été victimes d’exactions russes « uniquement parce qu’ils exerçaient leur métier d’informer ».
Selon l’organisation, 16 journalistes – ukrainiens et internationaux – ont été tués alors qu’ils couvraient la guerre. Cinquante-trois autres ont été blessés lors de tirs, d’attaques de drones ou de bombardements. Vingt-six journalistes ukrainiens seraient toujours détenus par les autorités russes et soumis à des sévices en prison.
RSF fait également état de 25 attaques documentées contre des tours de télévision et de radiodiffusion, visant à priver les populations d’un accès à l’information locale. L’organisation souligne par ailleurs que 333 médias ukrainiens ont cessé leurs activités, fragilisés par la guerre, les difficultés économiques et les pressions continues.
Face à cette situation, RSF affirme avoir mis en place des actions de soutien aux rédactions sur le terrain, notamment à travers le Fonds international pour la reconstruction des médias ukrainiens (IFRUM). Depuis le début du conflit, plus de 2 100 journalistes et 230 médias auraient bénéficié d’un appui comprenant des équipements de protection, des formations, un accompagnement psychologique et des aides financières.
L’ONG précise qu’une plainte a été déposée le 23 février 2026 contre le Kremlin auprès de la CPI, afin que les exactions commises contre les professionnels de l’information soient examinées au regard du droit international.
RSF estime que les attaques visant les journalistes ne menacent pas seulement des individus, mais portent atteinte à la liberté de la presse et à l’accès du public à une information libre et fiable, dans un contexte de conflit toujours en cours.
(AIP)
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