Par Benjamin Soro (Envoyé spécial)
Abidjan 27 fév 2026 (AIP)-À l’ouest de la Côte d’Ivoire, dans le département de Zouan-Hounien, la mine d’or d’Ity, exploitée par Endeavour Mining dépasse largement le statut de simple site industriel. Elle s’impose aujourd’hui comme un puissant levier de transformation sociale et économique au bénéfice des communautés riveraines.
Du 20 au 23 janvier, une visite de terrain conduite sur le site minier et dans l’ensemble des localités impactées par le projet a permis de mesurer concrètement l’ampleur des actions engagées. Dans les villages, dans les écoles, dans les centres de santé comme dans les champs, les effets sont visibles et tangibles. Ici, le développement ne se proclame pas : il se constate.
Un moteur d’emplois et de compétences
Plus de 3 000 personnes travaillent sur le site d’Ity, dont l’écrasante majorité est issue des communautés locales et nationales. Cette politique volontariste d’emploi local favorise non seulement l’insertion professionnelle, mais aussi la transmission des savoir-faire. La motivation est palpable, la fierté d’appartenance manifeste.
Les jeunes bénéficient de stages académiques et de formations continues. Un programme spécifique encourage l’accès des femmes à des postes qualifiés et valorisants, contribuant ainsi à une meilleure inclusion sociale. Cette dynamique crée un cercle vertueux où l’expérience acquise sur le terrain irrigue progressivement tout le tissu local.

Le Fonds de développement local minier : un outil structurant
Véritable pierre angulaire de cette stratégie, le Fonds de développement local minier finance des projets conçus en concertation avec les populations. Élaboré à travers un plan local de développement validé par l’administration minière, ce mécanisme sert de feuille de route triennale au comité de développement local.
Entre 2023 et 2024, les réalisations sont nombreuses : réhabilitation de centres de santé et d’établissements scolaires, construction de logements pour enseignants, électrification de villages, extension des réseaux d’eau potable.
À Krozialé, un imposant château d’eau alimente désormais huit localités : Floreleu, Krozialé, Kouépleu, Trogleu, Méantouo, Ouïatouo, Ity Village et Biétou. D’une capacité de 350 m³ et culminant à 20 mètres de hauteur, il est approvisionné par trois forages débitant chacun 15 m³, soit un total de 45 m³.
Contrôleur des travaux hydrauliques à la Direction régionale de l’Hydraulique du Tonkpi à Man,Ta Bi Djè Pacôme, précise que cette infrastructure met fin aux corvées d’eau qui pesaient lourdement sur les ménages.
Le chef du village de Krozialé, Gloudouegbeu Modèle, souligne combien ces équipements sont vitaux dans une zone exposée aux risques liés aux exploitations artisanales clandestines.
L’eau potable : une révolution silencieuse
Dans la commune de Zouan-Hounien, longtemps confrontée à des pénuries chroniques, le taux de couverture en eau potable est passé de 25 % à 75 %. Grâce à la construction de nouvelles pompes à motricité humaine et à la réhabilitation d’anciennes installations, plus de 20 000 ménages bénéficient aujourd’hui d’un accès régulier à l’eau.
Le chef de cabinet du maire, Bado Paul, rappelle qu’autrefois certains quartiers n’étaient desservis qu’un à trois jours par semaine. Désormais, l’objectif affiché est d’atteindre 100 % de couverture. Environ 13 000 à 14 000 ménages ont déjà accès à l’eau potable, et les travaux se poursuivent pour raccorder les nouveaux quartiers.
La mairie, partenaire permanent du projet, veille à maintenir un dialogue constant afin de garantir une cohabitation harmonieuse. À elle seule, la mine emploie des résidents représentant environ 95 % de son effectif total, sous-traitants inclus.
Santé et lutte contre le paludisme : des résultats probants
Le programme « Caravane Santé », lancé en 2023, a déjà permis d’offrir des soins spécialisés à plus de 1 500 personnes. Consultations en ophtalmologie, pédiatrie, gynécologie et soins généraux sont organisés au plus près des populations.
La lutte contre le paludisme constitue un autre axe majeur. En partenariat avec l’Institut national d’hygiène publique (INHP), les gîtes larvaires ont été identifiés et traités, des comités d’hygiène mis en place et les populations formées aux techniques de prévention. Les résultats sont là : au cours des cinq dernières années, l’incidence du paludisme a été réduite de 96% parmi les collaborateurs et les riverains.

Agriculture : transformer un bas-fond insalubre en pôle de production
À Zouan-Hounien, un bas-fond de 32 hectares autrefois insalubre a été entièrement réhabilité et converti en site rizicole semi-mécanisé grâce à l’appui d’un cabinet multiservices agricoles. Les déchets ont été évacués, les traitements appropriés réalisés, et la terre valorisée.
La coopérative Solidarité, qui regroupe 36 producteurs dont huit femmes, en récolte aujourd’hui les fruits. Les parcelles sont clairement délimitées, les levées topographiques sécurisent les exploitations et les rendements progressent. La mécanisation prochaine de la récolte permettra la production d’un riz commercialisable sous la semence GT11.
Éducation et transmission du savoir
Depuis 2022, plus de 300 bénéficiaires du programme « Pépites d’Or » ont profité d’un soutien scolaire et de bourses d’excellence académique. Les jeunes filles sont particulièrement encouragées à poursuivre leurs études.
La société entretient un partenariat étroit avec l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny, accueillant chaque année entre 100 et 150 étudiants en stage. Une collaboration a également été initiée avec l’Université de Man, spécialisée en sciences de la Terre. Environ 60 % des ingénieurs du département minier sont issus de l’Institut, illustrant la vitalité de la formation nationale.
Une école technique, située à 80 km du site et presque achevée, ouvrira prochainement ses portes afin de former des jeunes spécifiquement aux métiers du secteur minier.
Gouvernance et vision d’avenir
Le directeur général du site, Tionaga Drissa Soro, insiste : tous les projets sociaux reflètent les besoins exprimés par les populations locales. Un plan de fermeture et de réhabilitation du site, déjà financé, est révisé tous les trois ans et validé par les ministères compétents, garantissant une exploitation responsable et anticipatrice.

Avec 96 % d’employés ivoiriens, dont 46 % issus des communautés riveraines, et plus de 80 % des approvisionnements réalisés en Côte d’Ivoire, la mine s’inscrit dans une logique de valeur partagée.
À Ity, l’exploitation aurifère ne se limite pas à l’extraction du minerai. Elle s’érige en catalyseur de développement, en laboratoire de responsabilité sociale et en promesse d’avenir. Ici, l’or n’est pas seulement une richesse souterraine : il devient un instrument de transformation humaine et communautaire.
En 2025, la mine d’Ity a produit plus de neuf tonnes d’or et pour 2026 les estimations s’établissent entre 8 et 9,5 tonnes.
(AIP)
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