Abidjan, 27 fév 2026 (AIP)-Un nouvel incident frontalier a ravivé les tensions entre la Guinée et la Sierra Leone, chaque gouvernement avançant sa propre version des faits tout en affichant sa volonté d’éviter une escalade.
Dans un communiqué publié à Conakry mardi 24 février 2026 sur le site de l’Agence guinéenne de presse (AGP), l’état-major général des armées guinéennes affirme qu’une dizaine de militaires sierra-léonais armés ont pénétré à l’intérieur du territoire guinéen, dans le district de Koudaya, relevant de la préfecture de Faranah.
Selon la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA), les soldats auraient installé une tente et hissé leur drapeau national avant d’être interpellés par les forces de défense et de sécurité guinéennes, alertées par des habitants de la zone. Les militaires arrêtés ainsi que leur matériel auraient été remis à la police judiciaire pour les besoins de l’enquête.
Les autorités guinéennes dénoncent une « violation caractérisée de l’intégrité territoriale » et assurent que toutes les dispositions sont prises pour sécuriser la zone frontalière. Le chef d’état-major général des armées, le général de division Ibrahima Sory Bangoura, a salué la « réactivité et le professionnalisme » des troupes, tout en appelant au calme.
De son côté, le gouvernement de Freetown présente une lecture différente des événements. Dans un communiqué officiel selon une publication de l’Agence turque de presse (Anadolu) vendredi 27 février 2026, les autorités sierra-léonaises indiquent que leurs forces opéraient dans une zone qu’elles considèrent relever de leur juridiction administrative, dans le cadre de travaux liés à l’aménagement d’infrastructures frontalières.
Freetown conteste toute incursion délibérée en territoire guinéen et affirme privilégier les mécanismes diplomatiques et sécuritaires bilatéraux pour clarifier la situation et obtenir la libération de ses ressortissants.
Les autorités sierra-léonaises soulignent leur attachement au règlement pacifique des différends et appellent à une concertation rapide entre les deux pays afin d’éviter toute détérioration des relations.
À ce stade, aucune rencontre officielle n’a encore été annoncée, mais des sources diplomatiques évoquent des échanges en cours entre Conakry et Freetown pour désamorcer la crise.
(AIP)
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