Bondoukou, 27 fév 2026 (AIP) – L’Université de Bondoukou a accueilli, jeudi 26 février 2026, un colloque international pluridisciplinaire sur le thème, « Culture d’hier à aujourd’hui : quel héritage ? », organisé par l’ONG Racine pour le développement durable (RACIDD) et la revue scientifique Mémoires, en présence d’enseignants-chercheurs, d’experts et d’étudiants venus de Côte d’Ivoire, d’Afrique et d’autres continents.
La cérémonie d’ouverture a enregistré la participation de représentants des autorités administratives et municipales, de guides religieux, de chefs coutumiers ainsi que de plusieurs directeurs d’unités de formation et de recherche.
Représentant le préfet de région, le secrétaire général 2 de la préfecture, Loan Constant, a salué l’initiative des organisateurs et mis en exergue l’importance de la mémoire culturelle dans la gouvernance des sociétés.
« On ne gouverne bien le présent que si l’on comprend profondément d’où l’on vient. Notre rôle n’est ni de tout conserver les yeux fermés, ni de tout rejeter, mais de trier avec lucidité, critiquer avec amour et réinventer avec audace », a-t-il déclaré, appelant à une appropriation sélective et dynamique des héritages culturels.
Il a également présenté Bondoukou comme une ville carrefour de civilisations, où se croisent depuis des siècles traditions, religions et expressions culturelles, constituant ainsi un cadre symbolique pour une réflexion sur l’héritage culturel.
Intervenant au nom des initiateurs, l’enseignant-chercheur, Dr Essé Kotchi, président du comité d’organisation et cofondateur de la revue Mémoires, a exprimé la gratitude des organisateurs à l’ensemble des partenaires et contributeurs scientifiques.

Dr Essé a indiqué que le colloque a enregistré « plus de 255 communications pour 303 participants issus de 41 institutions provenant de 17 pays », notamment de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Cameroun, du Canada, des États-Unis, de la France, du Gabon, du Mali, du Maroc, du Niger, de la RD Congo, du Sénégal, du Togo et de la Tunisie.
« Nous voulons revisiter l’essence même de notre condition d’homme, car l’homme est culture et la culture est l’âme même de l’homme », a-t-il déclaré, soulignant que la culture englobe les pratiques sociales, les rites, les modes d’organisation et les expressions artistiques héritées des ancêtres, aujourd’hui menacées de disparition face aux mutations contemporaines.
Il a également appelé à préserver le vivre-ensemble légué par les générations passées et à mutualiser les savoirs scientifiques pour éclairer les sociétés actuelles.
Le président de l’université de Bondoukou, Pr Ouattara Djakalia, a pour sa part relevé que le thème du colloque s’inscrit dans les offres de formation de l’institution, notamment celles dédiées aux industries culturelles, aux arts et à la communication.
« Ce colloque offre une visibilité internationale à notre université et permet à nos étudiants et enseignants de bénéficier du partage d’expériences de sommités académiques venues de plusieurs horizons », a-t-il affirmé, ajoutant que la présence de chercheurs de haut niveau constitue un événement scientifique majeur pour la communauté universitaire locale.
Les différents intervenants, dont l’enseignant-chercheur à l’UFR SAAIC, Dr Kouassi Gilbert, a dressé un diagnostic critique de l’évolution des sociétés africaines, marquées, selon lui, par « une perte alarmante d’identité culturelle liée à la nouvelle socialisation calquée sur le modèle occidental ».
Dr Kouassi a plaidé pour une réappropriation des valeurs endogènes, des arts, des musiques, des danses, des rites et des savoirs traditionnels, considérés comme des leviers fondamentaux du développement durable.
Selon les organisateurs, les travaux du colloque, articulés autour de communications scientifiques, de conférences plénières et de panels thématiques, devraient aboutir à des recommandations destinées à éclairer les politiques culturelles, les programmes éducatifs et les stratégies de valorisation du patrimoine matériel et immatériel.
Au nom du maire de Bondoukou, sa représentante, Hien Hery, a pris part aux travaux qui, « consacre Bondoukou comme une cité de savoirs et de dialogue interculturel », a-t-elle dit en lien avec son riche patrimoine historique et culturel.
(AIP)
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