Abidjan, 28 fév 2026 (AIP) – Les institutions financières ont été appelées, vendredi 27 février 2026, à jouer un rôle accru dans la lutte contre le travail des enfants dans la région de la Nawa, à l’occasion d’un atelier organisé à Abidjan par l’Agence de promotion de l’inclusion financière de Côte d’Ivoire (APIF-CI) et l’Organisation internationale du travail (OIT).
Cette rencontre s’inscrit dans la mise en œuvre de la composante « inclusion financière » du projet « Ensemble pour agir sur les causes profondes du travail des enfants » (ENACTE), qui vise à mobiliser les acteurs institutionnels, financiers et de la société civile autour de solutions économiques durables en faveur des communautés cacaoyères, particulièrement exposées au phénomène du travail des enfants.
Au nom du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, le directeur général de l’APIF-CI, Brou Patrice, a salué une initiative destinée à favoriser l’émergence de produits et services financiers mieux adaptés aux réalités locales. Selon lui, l’atelier doit permettre d’identifier des pistes de modélisation financière, de renforcer les mécanismes de collaboration et de faciliter la mise en relation entre les différents acteurs de l’écosystème.
Il a souligné que le projet ENACTE adopte une approche holistique, axée sur la réduction des vulnérabilités économiques à l’origine du travail des enfants, notamment dans la filière cacao. « L’inclusion financière des producteurs et des ménages vulnérables constitue un levier essentiel pour limiter le recours à la main-d’œuvre infantile au sein des exploitations agricoles », a indiqué M. Brou.
Il a insisté sur la nécessité de mettre en place une plateforme de collaboration opérationnelle entre les parties prenantes, afin de concevoir et tester des prototypes de produits financiers spécifiquement adaptés aux besoins des populations cibles, contribuant ainsi à la prévention et à l’élimination progressive du travail des enfants.
Pour sa part, le coordinateur principal du programme ENACTE à l’OIT, Sylvain Kouassi Konan, a estimé que le principal défi réside dans la conception de solutions financières inclusives, capables de répondre aux réalités socioéconomiques des communautés rurales. Il a appelé le secteur financier à s’engager davantage pour soutenir l’autonomisation économique des familles et leur sortie durable de la pauvreté.
Saluant la médiation de l’APIF-CI, M. Kouassi Konan a exprimé la volonté de l’OIT de travailler étroitement avec les acteurs financiers à l’élaboration d’opportunités de financement accessibles, permettant aux ménages de concrétiser leurs projets d’investissement et de renforcer leur résilience économique.
L’inclusion financière demeure un enjeu majeur pour le Gouvernement ivoirien. À travers la Stratégie nationale d’inclusion financière (SNIF 2019-2024), des progrès notables ont été enregistrés, avec un taux de bancarisation passé de 17,2 % en 2017 à 33,6 % en 2024, l’usage de la monnaie électronique de 46 % à 84,2 %, et un taux global d’inclusion financière en hausse de 41 % à 58 %. Toutefois, des défis persistent en matière d’accès à l’épargne et au crédit pour les populations les plus vulnérables, notamment en milieu rural.
(AIP)
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