Bondoukou, 28 fév 2026 (AIP) – Un colloque sur l’héritage culturel des peuples africains, organisé jeudi 26 février 2026 à l’université de Bondoukou a souligné la capacité des cultures africaines à s’adapter aux mutations du temps sans renoncer à leur essence ancestrale.
Selon le directeur du musée de Bondoukou, Béma Ouattara, la permanence des sociétés africaines repose sur une culture vivante, capable d’évoluer pour répondre aux exigences de chaque époque tout en préservant ses fondements traditionnels. Cette résilience culturelle traduit la force de l’ancestralité qui, loin d’être figée, subit des mutations adaptatives permettant sa transmission de génération en génération.
Béma Ouattara a insisté sur le rôle des chefs traditionnels, garants de la tradition et de la continuité culturelle, dont l’autorité contribue à préserver l’équilibre entre modernité et héritage ancestral. Cette articulation explique, selon lui, la capacité des sociétés africaines à faire face aux influences extérieures tout en maintenant leur identité profonde.
L’orateur a également établi un lien entre cette dynamique culturelle et l’organisation politique, estimant que les modèles modernes de gouvernance s’inspirent largement des systèmes traditionnels africains fondés sur une hiérarchie structurée autour du roi, des chefs de province, de canton et de village, des notables et du peuple. Il a ainsi préconisé la promotion du concept de « gouvernance culturelle », mieux adapté aux réalités africaines et à leur trajectoire historique marquée par l’adaptation sans reniement des valeurs ancestrales.
Définissant la culture comme l’ensemble des pratiques, usages, sensibilités et perceptions partagés par une communauté, il a souligné qu’elle constitue un socle commun structurant la vie sociale. Selon lui, il n’existe pas de culture disparate, mais une culture du commun, issue de la rencontre entre pratiques individuelles et collectives.
Évoquant les composantes de cette culture, il a cité l’art oratoire, la gastronomie, les chants, les danses, la musique et les codes vestimentaires, autant d’expressions qui traduisent une mémoire collective en constante évolution mais fidèle à ses racines.
Cette rencontre scientifique était placée sous le thème « Culture d’hier à aujourd’hui : quel héritage ? »
(AIP)
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