Abidjan, 9 mars 2026 (AIP) – La participation des femmes au marché du travail mondial reste quasiment stagnante depuis plus de 30 ans, autour de 53 %, contre environ 80 % pour les hommes, révélant la persistance d’obstacles structurels qui freinent encore leur pleine contribution à l’économie.
Malgré les progrès réalisés dans l’éducation et le développement des compétences, des millions de femmes continuent de faire face à des contraintes qui limitent leur accès à l’emploi, à l’entrepreneuriat et aux postes de décision, selon des analyses soutenues par le Groupe de la Banque mondiale.
Cette situation ne constitue pas seulement un enjeu d’égalité entre les sexes, mais aussi un défi économique majeur. L’exclusion d’une partie importante de la population active limite en effet la capacité des économies à croître et à créer des emplois.
Plusieurs facteurs expliquent cette stagnation, notamment les responsabilités familiales, l’insuffisance des dispositifs de protection sociale, l’exclusion numérique et les difficultés d’accès au financement pour les femmes entrepreneures.
L’accès au numérique apparaît aujourd’hui comme un levier déterminant pour l’autonomisation économique des femmes. Une connexion Internet à haut débit permet notamment de développer des activités génératrices de revenus, d’accéder à des marchés plus larges et de bénéficier de nouvelles opportunités professionnelles. Toutefois, des millions de femmes dans le monde restent encore exclues de l’économie numérique faute d’accès à Internet.
Le manque de protection sociale constitue également un frein important. L’insuffisance des aides au revenu et le coût souvent élevé des soins de santé obligent de nombreuses femmes à se retirer du marché du travail ou à rester confinées dans des activités informelles et précaires.
À cela s’ajoute le déficit d’accès au crédit, estimé à près de 1 900 milliards de dollars pour les entreprises dirigées par des femmes, ce qui limite leur capacité de croissance et leur potentiel de création d’emplois.
Face à ces défis, le Groupe de la Banque mondiale affirme concentrer son action sur trois leviers principaux que sont l’accès au numérique, le renforcement de la protection sociale et la facilitation de l’accès aux capitaux pour les femmes entrepreneures.
L’institution s’est notamment fixée pour objectif, d’ici à 2030, de permettre à 250 millions de femmes supplémentaires de bénéficier d’une protection sociale, de connecter 300 millions de femmes à l’Internet haut débit et d’aider 80 millions d’entre elles à accéder à un capital de départ pour créer ou développer une entreprise.
Ces initiatives reposent sur l’action coordonnée des différentes entités du Groupe. La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de développement (IDA) soutiennent les réformes de politiques publiques favorables à l’autonomisation économique des femmes, tandis que la Société financière internationale (IFC) contribue à mobiliser les capitaux privés.
De son côté, l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) sécurise les investissements susceptibles de générer des emplois pour les femmes, tandis que le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) contribue à renforcer la confiance des investisseurs grâce à un cadre juridique stable.
À l’occasion de la Journée internationale des femmes, plusieurs initiatives mettent en lumière, notamment en Afrique, des femmes qui contribuent à transformer les économies locales en développant des entreprises, en accédant à de nouvelles compétences et en créant, à leur tour, des opportunités d’emplois dans leurs communautés.
(AIP)
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