Songon, 10 mars 2026 (AIP)- Le collectif des syndicats du Centre national de recherche agronomique (CNRA) sollicite le président de la République, Alassane Ouattara, pour “sanctuariser” les terres dédiés à la recherche et une sécurisation définitive de ses sites expérimentaux, face à l’amenuisement de leur patrimoine foncier.
Le porte parole dudit collectif, Alain Yohou, a lancé ce cri de coeur vendredi 6 mars 2026, lors d’ un entretien avec l’ AIP, à Adiopodoumé à la direction générale du CNRA.
” Nous sollicitons le président Ouattara et notre ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des cultures vivrières, Bruno Koné, pour la survie pour l’agriculture nationale. Chères autorités, ayez un regard sur le CNRA parce que nous souffrons et notre foncier est en train d’être annexé sur toute l’étendue du territoire national. Merci de sécuriser notre patrimoine foncier”, a déclaré M. Yohou.
Le collectif des syndicats dudit Centre réclame une intervention ferme de l’ État et une loi d’orientation classant les terres de recherche agronomique comme “zones d’utilité publique inaliénables”.
” On dit le pilier du développement en Côte d’Ivoire, c’est l’ agriculture. Or sans la recherche, il n’ y a pas d’ agriculture. Et le rôle du CNRA est d’inventer l’ agriculture de demain. Donc si rien n’est fait, d’ ici deux à quatre ans, nous aurons des problèmes de sécurité alimentaire “, a indiqué son porte parole, Alain Yohou.
Pour lui, chaque hectare de station de recherche perdu au profit du béton, c’est une bibliothèque de biodiversité brûlée et des décennies de recherche qui partent en fumée.
Créé en avril 1998, le CNRA est le chef de file de la recherche agronomique en Côte d’Ivoire. Ses travaux couvrent les productions végétales et animales, ainsi que la conservation des produits, à travers cinq directions régionales implantées sur l’ensemble du territoire.
Le Centre est également le moteur de l’innovation agricole en Côte d’Ivoire. C’est là bas que sont créées les variétés de semences plus résistantes au changement climatique et aux maladies. Fragiliser son patrimoine foncier, c’est fragiliser le rendement des planteurs et, à terme, l’économie du pays tout entière.
(AIP)
tg/bsb/haa

