Abidjan, 12 mars 2026 (AIP) – Le manque de main-d’œuvre est aujourd’hui un facteur accélérateur de la modernisation et à l’augmentation de la production dans plusieurs filières agricoles en Côte d’Ivoire, a révélé mercredi 11 février 2026, à Abidjan, le directeur exécutif de la Fédération nationale des unions de sociétés coopératives de planteurs de palmier à huile de Côte d’Ivoire (FENACOPAH-CI), Kogbo Douoba.
Il s’exprimait au cours d’un panel consacré à la mécanisation agricole et aux opportunités d’emplois pour les jeunes. Organisée par l’Association des ingénieurs agronomes de Côte d’Ivoire (AIACI), la rencontre s’est tenue au Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA), à Cocody.
Selon M. Kogbo, la filière palmier à huile fait face à une pénurie de main-d’œuvre qui menace la modernisation du secteur. La Côte d’Ivoire produit environ 600 000 tonnes d’huile de palme par an, un volume qui couvre les besoins nationaux. Cette production repose sur 75 000 hectares de plantations industrielles et plus de 230 000 hectares de plantations villageoises, lesquelles assurent plus de 70 % de la production.
Il a souligné que la plupart des travaux, notamment l’entretien des plantations, l’élagage, la récolte et le transport des régimes, sont encore effectués manuellement. Cette situation rend les tâches particulièrement pénibles et limite la productivité. Pour y remédier, la filière mise sur la mécanisation, notamment à travers l’introduction de perches motorisées pour la récolte, actuellement testées avec des résultats jugés encourageants.
De son côté, le chef de la cellule mecanisation et innovation agricole de l’Intercoton, Djè Bi Trah Albert, intervenant pour la filière coton, a relevé que la mécanisation progresse lentement dans ce secteur en raison du manque de personnel qualifié. À ce jour, près de 80 % des opérations agricoles reposent encore sur la traction animale.
Afin d’accélérer la modernisation, plusieurs centres de prestations motorisées et d’innovations agricoles ont été mis en place depuis 2016 dans les principales zones cotonnières, notamment à Mankono, Korhogo, Boundiali, Ferkessédougou et Dianra. Ces structures disposent d’un parc d’une centaine de tracteurs, de drones agricoles et de moissonneuses-batteuses destinés à fournir des services mécanisés aux producteurs.
Cependant, faute de techniciens formés (mécaniciens, machinistes, tractoristes ou télépilotes de drones), ces centres ne fonctionnent qu’à environ 50 % de leurs capacités. Les responsables de la filière plaident ainsi pour un renforcement de la formation professionnelle afin de soutenir la modernisation du secteur.
La filière rizicole fait également face à un déficit d’opérateurs et de techniciens. Pour y remédier, des programmes de formation et la mise en place de centres de mécanisation sont en cours dans le nord du pays. Par ailleurs, l’introduction de nouvelles technologies, telles que les drones agricoles pour l’épandage d’engrais, ouvre la voie à de nouveaux métiers dans l’agriculture moderne.
Les acteurs du secteur appellent aussi au développement d’équipements adaptés aux réalités locales ainsi qu’à une meilleure disponibilité des pièces de rechange, indispensables à l’entretien des machines et à l’amélioration de l’efficacité de la production.
L’Association des ingénieurs agronomes de Côte d’Ivoire (AIACI) regroupe des ingénieurs agronomes ivoiriens formés en Côte d’Ivoire et à l’étranger, ainsi que des ingénieurs non ivoiriens issus de l’École nationale supérieure agronomique (ENSA). Parmi ses principaux objectifs figure la création d’un Ordre des ingénieurs agronomes en Côte d’Ivoire.
(AIP)
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