Tengréla, 16 mars 2026 (AIP) – Les populations de Débété ont été sensibilisées à la prévention des conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles, lors d’un forum communautaire organisé par l’ONG Faladagué.
Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Appui à la gestion durable des ressources naturelles et à la sensibilisation environnementale dans les zones de Débété et Papara », mis en œuvre avec l’appui du projet SECORCI 2 financé par l’Union européenne.
Selon le chef de projet de l’ONG Faladagué, Traoré Dakassié Adama, cette rencontre visait à renforcer la compréhension des populations sur les risques de conflits liés à l’utilisation des terres, de l’eau et des ressources forestières, tout en favorisant le dialogue entre les différentes composantes de la communauté.
Le forum a réuni, jeudi 12 mars 2026, environ 200 participants issus de divers groupes sociaux, notamment des chefs traditionnels, des leaders communautaires, des représentants de femmes et de jeunes, des agriculteurs, des éleveurs ainsi que des représentants des services techniques et de la sous-préfecture.
Au cours des échanges, les participants ont été sensibilisés aux principales sources de conflits autour des ressources naturelles, parmi lesquelles les litiges fonciers, les différends entre agriculteurs et éleveurs, ainsi que la pression croissante sur les terres cultivables.
Intervenant lors de la rencontre, le directeur régional de l’Environnement, Jean Claude Kouamé, a souligné que l’utilisation abusive des ressources naturelles, notamment l’eau, les sols et la biodiversité, peut être à l’origine de tensions entre les communautés.
Il a expliqué que lorsque ces ressources ne sont pas gérées de manière responsable, leur raréfaction ou leur dégradation peut entraîner des incompréhensions et des conflits entre populations.
Le directeur régional a évoqué le cas de la gestion des cours d’eau. Lorsqu’un village situé en amont déverse des déchets ou des produits polluants dans une rivière, cela peut altérer la qualité de l’eau utilisée par les populations vivant en aval pour leurs besoins domestiques ou agricoles, générant ainsi des tensions entre localités, a-t-il fait remarquer.
Jean Claude Kouamé a également attiré l’attention sur les conséquences des pratiques agricoles non durables qui contribuent à la dégradation progressive des sols. À long terme, cette situation peut pousser certaines populations à migrer vers d’autres zones à la recherche de terres plus fertiles, ce qui risque d’accentuer les pressions foncières et les conflits entre communautés, a-t-il prévenu.
Par ailleurs, la surexploitation des ressources naturelles entraîne aussi la disparition progressive de certaines espèces fauniques et florales. La coupe abusive du bois, les feux de brousse et diverses formes de dégradation de l’environnement participent à l’érosion de la biodiversité, une situation susceptible d’alimenter également des différends lorsque les ressources deviennent rares.
À travers des travaux de groupe et des discussions ouvertes, les participants ont réfléchi aux mécanismes de prévention et de gestion pacifique des conflits, notamment le dialogue communautaire, la médiation traditionnelle et le respect des règles locales de gestion des ressources naturelles.
Les échanges ont également mis en évidence la nécessité d’une plus grande implication des autorités locales, des leaders communautaires et des services techniques dans la recherche de solutions durables.
À l’issue du forum, les participants ont salué l’initiative de l’ONG Faladagué, estimant qu’elle contribue à renforcer la cohésion sociale et la prévention des conflits dans la localité.
Les organisateurs espèrent que cette dynamique favorisera un climat de paix et une gestion concertée des ressources naturelles dans la sous-préfecture de Débété.
(AIP)
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