Abidjan, 15 mars 2026 (AIP) – La réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée au rétablissement des sanctions internationales contre Iran s’est transformée, jeudi 12 mars 2026, en une confrontation diplomatique et juridique entre les grandes puissances, certaines délégations contestant jusqu’à la légitimité même de la tenue de la séance, rapporte un communiqué de l’ONU.
Dès l’ouverture de la séance, la légitimité même de la réunion a été contestée par la Russie. Son ambassadeur auprès de l’ONU, Vassily Nebenzia, a soutenu que les résolutions relatives aux sanctions contre l’Iran « ne sont plus en vigueur depuis 2015 », estimant que la réunion n’avait donc « aucun fondement juridique ». Cette position a été appuyée par la Chine.
Les États occidentaux, notamment la France, le Royaume-Uni et les États-Unis, ont au contraire défendu la validité du mécanisme de « snapback », prévu par l’accord sur le nucléaire iranien signé à Vienne en 2015. Ce dispositif permet de rétablir automatiquement les sanctions en cas de violation des engagements pris par Téhéran.
« L’accord, officiellement appelé Plan d’action global commun, devait sceller un compromis durable : des restrictions strictes et vérifiables sur les activités nucléaires iraniennes, en échange d’un allégement des sanctions qui asphyxiaient l’économie du pays », note le communiqué.
Un vote procédural a finalement permis de maintenir la séance, avec 11 voix favorables, deux contres et deux abstentions.
Les Européens accusent l’Iran de ne pas coopérer avec l’Agence internationale de l’énergie atomique et de détenir plus de 400 kilogrammes d’uranium enrichi. De leur côté, les États-Unis, qui président le Conseil ce mois-ci, ont appelé à l’application stricte des sanctions.
Moscou rejette toutefois cette interprétation, rappelant le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord nucléaire en 2018 sous la présidence de Donald Trump.
Cette confrontation diplomatique intervient alors que la crise nucléaire iranienne s’inscrit désormais dans un contexte de conflit militaire régional, déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines contre l’Iran, suivies de représailles de Téhéran contre plusieurs pays alliés de Washington au Moyen-Orient.
(AIP)
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