Abidjan, 14 mars 2026 (AIP)- L’entrepreneur et opérateur du secteur de l’urbanisme en Côte d’Ivoire, Touré Ahmed Bouah, estime que l’écriture ne doit pas être un seul exercice esthétique mais plutôt une force pour questionner et proposer des solutions.
“L’écriture ne doit jamais être un seul exercice esthétique. Elle doit être une force. Une force pour éclairer, une force pour questionner, une force pour proposer des solutions. Notre continent a besoin d’écrivains courageux, d’écrivains libres, tout court. Des écrivains qui n’ont pas peur de dire la vérité. (…) L’écrivain doit être celui qui dit la vérité car c’est souvent dans les livres que naissent les grandes transformations de notre histoire”, a martelé vendredi 13 mars 2026 M. Touré.
Il s’exprimait à sa résidence de Cocody, à l’occasion de la cérémonie de remise de sa carte d’honneur de membre d’honneur de l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire (AECI) par la présidente, Hèlène Lobé Wagga, qui conduisait une délégation de 15 personnes.
Touré Ahmed Bouah s’est appesanti sur le rôle de l’écriture dans la transformation des sociétés en insistant sur la nécessité de lier action et pensée, estimant que l’écriture constitue un levier essentiel pour éclairer les choix collectifs.
« Votre présence ici dépasse largement le cadre simple d’une visite de courtoisie. Elle symbolise une rencontre entre deux univers qui, en réalité, n’ont jamais cessé de se nourrir mutuellement, celui de l’argent et celui de la pensée, celui de la construction et celui de l’écriture », a-t-il aux écrivains présents.
Pour lui, les écrivains sont « les gardiens de la mémoire, les architectes des idées et les éclaireurs des sociétés ». Il a rappelé que, depuis toujours, les écrivains ont accompagné l’évolution des civilisations en dénonçant les injustices et en inspirant les peuples.
« Un peuple sans écrivain est un peuple sans mémoire. Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir », a-t-il insisté, saluant le travail des hommes et femmes de lettres ivoiriens dans la construction intellectuelle du pays.
Très connu dans le domaine de l’urbanisme et de la promotion immobilière, M. Touré a expliqué que l’écriture s’est progressivement imposée à lui comme une nécessité. « Je suis avant tout un entrepreneur urbain, un promoteur du territoire, un homme engagé dans la construction des projets et des villes. Mais très tôt, j’ai compris une chose fondamentale : les projets construisent les villes, mais les idées construisent les civilisations, et les idées vivent dans les livres », a-t-il affirmé.
Cette conviction l’a conduit à écrire de nombreux ouvrages consacrés à des questions majeures pour l’avenir du continent africain, notamment, la gouvernance foncière, l’urbanisation rapide de l’Afrique, les défis économiques ou encore le rôle des intellectuels dans la transformation des sociétés.
« Nos villes grandissent à une vitesse vertigineuse. Chaque année, des millions de jeunes Africains arrivent dans les espaces urbains avec des rêves, des ambitions et des attentes immenses », a-t-il souligné.
Touré Ahmed Bouah a également insisté sur la place centrale des idées dans le développement des nations. À ses yeux, le XXIᵉ siècle sera marqué par une véritable compétition intellectuelle.
« Les nations qui domineront demain ne seront pas celles qui auront les plus grandes richesses naturelles. Ce seront celles qui auront les idées les plus fortes, les visions les plus audacieuses et les intellectuels les plus engagés », a-t-il affirmé.
La carte de membre d’honneur de l’AECI, pour lui, est une distinction qu’il voit comme une “récompense personnelle” mais plutôt une “responsabilité supplémentaire”, celle de continuer à écrire, à réfléchir et à contribuer au débat intellectuel sur l’avenir de notre pays et de notre continent.
Sur la sa vision élargie du rôle des intellectuels dans la construction de l’Afrique de demain, il a souligné que le développement du continent ne reposera pas uniquement sur les économistes, les ingénieurs ou les bâtisseurs. Elle sera aussi bâtie par des penseurs, des écrivains et des visionnaires.
Tiré Ahmed Bouah est auteur de 51 œuvres dont 49 sont déjà parues. Il y aborde divers sujets liés à la gouvernance foncière, l’urbanisation africaine, les défis économiques de notre continent, le rôle des intellectuels, la transformation de l’Afrique et la nécessité d’organiser nos territoires, note-t-on..
(AIP)
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