Agnibilékrou, 15 mars 2026 (AIP) – La pénurie persistante d’eau potable dans plusieurs quartiers d’Agnibilékrou suscite une vive exaspération des populations, confrontées à de longues coupures d’eau tout en recevant des factures de consommation qu’elles jugent particulièrement élevées, a constaté l’AIP samedi 14 mars 2026.
Dans plusieurs secteurs de la ville, les robinets restent à sec pendant plusieurs jours. Dans certains quartiers, notamment Belleville, des habitants affirment être privés d’eau courante depuis près de deux mois, tandis que dans d’autres, l’eau ne coule que tard dans la nuit ou quelques heures dans la semaine.
Face à cette situation, de nombreux ménages se tournent vers des solutions alternatives, notamment les pompes de fortune installées chez certains particuliers ou les forages appartenant à des particuliers et à des édifices religieux, afin de satisfaire leurs besoins quotidiens.
Pour de nombreux habitants, l’accès à l’eau potable s’apparente désormais à une véritable épreuve quotidienne. Dans les rues d’Agnibilékrou, femmes, hommes et enfants sont de plus en plus nombreux à transporter des bidons ou des seaux d’eau sur la tête, une scène devenue courante dans la ville.
Le mécontentement des populations est accentué par le montant jugé excessif des factures d’eau reçues par certains abonnés, malgré l’absence prolongée de distribution dans plusieurs quartiers.
C’est le cas de Goly Patterson, surpris de recevoir sa facture seulement quatre jours avant la date limite de paiement, avec un montant de 34 856 francs CFA, alors que ses factures habituelles oscillent, selon lui, entre 10 000 et 15 000 francs CFA.
De son côté, Allou Tano, enseignant disposant pourtant d’un forage à domicile, affirme avoir reçu une facture de 71 000 francs CFA. Un autre habitant, Kouamé Emmanuel, indique avoir été facturé à hauteur de 212 000 francs CFA, une situation qui renforce l’incompréhension et la frustration des populations.
Selon certains agents de la Société de distribution d’eau en Côte d’Ivoire (SODECI) approchés, ces montants élevés pourraient être liés à d’éventuelles fuites dans les installations domestiques. Mais pour de nombreux habitants, ces explications restent peu convaincantes, compte tenu des longues périodes sans distribution et des coupures répétées du réseau d’eau potable.
« On ne voit pas d’eau couler au robinet, mais la facture arrive toujours, et surtout elle augmente », déplore une restauratrice du centre-ville.
L’absence remarquée de l’Office national de l’eau potable (ONEP), qui intervenait auparavant pour pallier certains dysfonctionnements, alimente davantage les inquiétudes des populations.
Malgré les nombreuses plaintes, certains habitants semblent peu à peu céder à une forme de résignation. « On se plaint, mais rien ne change, alors on s’adapte », confie Kassi Mian, chef de famille.
Comme beaucoup d’autres habitants, il estime que la priorité demeure l’amélioration de la régularité de l’approvisionnement en eau et une plus grande transparence dans la facturation.
(AIP)
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