Abidjan, 19 mars 2026 (AIP) – À la veille de la fête de l’Aïd el-Fitr, le marché N’djê Konan de Koumassi vibre au rythme des préparatifs de beauté, entre les stands improvisés de pose de henné et les longues files d’attente pour la pose de faux cils, des dizaines de femmes affluent pour se faire belles.
Assise sur un petit tabouret, un cornet de henné à la main, Fatim Koné, dessinatrice depuis 2020, ne désemplit pas. Dès 5 h du matin, le jeudi 19 mars 2026, elle a commencé à accueillir ses premières clientes. « Venez sublimer vos mains et vos pieds ! », lance-t-elle pour attirer les passantes.
Autour d’elle, des femmes, jeunes filles et enfants patientent, installées sur des bancs de fortune. Concentrée, elle enchaîne les motifs, traçant avec précision des arabesques sur les paumes et les pieds.
« À l’approche de la fête, je peux recevoir plus de 50 personnes par jour. Les prix varient entre 2 000 et 3 000 FCFA selon le motif. J’ai appris ce métier avec ma mère qui le faisait déjà au marché », confie-t-elle.
Un peu plus loin, Rokiatou Sissoko attend son tour. Elle a prévu un programme complet : henné sur les mains, pose de faux cils et mise en beauté.


« C’est la fête, ce n’est pas tous les jours. On en profite pour se faire belle. C’est vrai que c’est un peu cher, mais on n’a pas le choix », explique-t-elle.
Dans une autre allée, Nata Soro, spécialisée dans la pose de faux cils depuis 17 ans, enchaîne également les clientes. Devant son stand, l’affluence est tout aussi remarquable.
« En période de fête, je peux recevoir jusqu’à 200 personnes dans la journée. Les prix restent accessibles, autour de 1 500 FCFA la pose », indique-t-elle.
Selon elle, les journées s’étirent parfois tard dans la nuit, voire jusqu’au petit matin, en fonction de l’affluence. « On s’adapte à la clientèle. Parfois, on travaille quelques heures, parfois toute la nuit », ajoute-t-elle.

Parmi les clientes, Dita Soumahoro, venue se faire poser des cils, attend patiemment son tour. Une fois installée, elle choisit un modèle discret pour un rendu naturel.
« Je viens ici parce qu’elle maîtrise bien son travail. Le résultat est beau et ça ne fait pas mal. Je veux être belle pour mon mari, c’est la fête », dit-elle.
À mesure que la journée avance, l’ambiance devient plus animée. Les échanges, les rires et les appels des prestataires donnent au marché des allures de salon de beauté à ciel ouvert.
Au-delà de l’esthétique, cette forte affluence constitue une opportunité économique pour ces actrices du secteur informel, dont le savoir-faire contribue à valoriser des pratiques culturelles ancrées dans le quotidien des populations.
(AIP)
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