Abidjan, 20 mars 2026 (AIP) – La Fondation ” Révélation Triso 21 ” a appelé à un engagement médical et social renforcé pour réduire la stigmatisation des personnes vivant avec cette anomalie chromosomique.
Cet appel a été lancé lors de la célébration de la Journée internationale de la trisomie 21, organisée jeudi 19 mars à l’amphithéâtre de l’Institut national de formation des agents de santé (INFAS), au sein du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Treichville,.
Ouvrant les échanges, la présidente de la fondation, Manuela Logroan, a insisté sur la nécessité de changer le regard de la société sur les enfants atteints de trisomie 21. Elle a déploré une marginalisation persistante, alimentée par des préjugés et un manque d’infrastructures adaptées.
« Le véritable combat est celui de la dignité. Ces enfants ont droit à une vie pleine, à l’éducation et à des soins appropriés », a-t-elle affirmé, appelant à une mobilisation collective.
Sur le plan médical, plusieurs intervenants ont mis en lumière les insuffisances du système de prise en charge.
Le directeur du centre de rééducation saint Padré Pio Aka Marcel a notamment dénoncé le coût élevé des soins spécialisés, incluant la rééducation, l’orthophonie et le suivi psychologique, souvent inaccessibles pour de nombreuses familles.
M. Aka a également pointé l’absence de couverture par certaines assurances privées, aggravant la vulnérabilité économique des parents.
Les disparités territoriales constituent également un défi majeur. Dans de nombreuses régions de l’intérieur du pays, l’insuffisance de spécialistes tels que les psychomotriciens, orthophonistes et éducateurs spécialisés limite considérablement l’accès aux soins et à l’accompagnement adéquat des enfants.
Face à cette situation, les autorités sanitaires ont réaffirmé leur engagement à améliorer la prise en charge.
Le coordonnateur du Programme national de santé mentale (PNSM), Pr Koua Médard Assemian, a présenté au nom du ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, une stratégie axée sur le diagnostic précoce, la structuration d’un réseau de soins pluridisciplinaires et le renforcement de la sensibilisation pour lutter contre les idées reçues.
Il a, en outre, invité les leaders communautaires et religieux à relayer des messages conformes aux données scientifiques afin de favoriser l’inclusion.
Les échanges ont également mis en avant l’importance d’une approche intégrée combinant santé, éducation et protection sociale, afin de garantir un accompagnement continu des personnes atteintes de trisomie 21, de la naissance à l’âge adulte.
Selon les spécialistes, la trisomie 21, encore appelée syndrome de Down, est une anomalie génétique caractérisée par la présence d’un chromosome 21 supplémentaire. Elle survient en moyenne chez une naissance sur 700 dans le monde.
Cette pathologie s’accompagne souvent de troubles du développement intellectuel et peut être associée à des complications médicales, notamment des malformations cardiaques congénitales, des troubles endocriniens ou des déficits auditifs et visuels.
Toutefois, un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée permettent d’améliorer significativement la qualité de vie et l’autonomie des personnes concernées.
(AIP)
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