Bondoukou, 23 mars 2026 (AIP) – Les commerçants du grand marché de Bondoukou ont exprimé, lundi 23 mars 2026, leur mécontentement face au site retenu pour l’implantation du projet SOCOCE, qu’ils jugent inadapté, tout en réaffirmant leur ouverture au dialogue avec les autorités municipales.
Après avoir fermé leurs magasins en signe de protestation, leur porte-parole, Yao Ernest Kouassi, a indiqué que malgré leur adhésion au projet sur le principe, des réserves majeures subsistent quant à son emplacement.
« Nous avons accueilli favorablement l’avènement de SOCOCE à Bondoukou, car cela peut booster les activités économiques. Mais nous ne sommes pas d’accord avec le site choisi », a-t-il déclaré.
Selon lui, le site retenu se situe au cœur du grand marché et abrite déjà de nombreux commerçants. « Cela risque de ralentir les activités et d’entraîner des pertes, voire des situations de chômage », a-t-il averti.
Pour marquer leur désaccord, les commerçants ont engagé plusieurs actions, notamment une démarche auprès du grand imam de Bondoukou en vue d’obtenir une médiation. Ils indiquent également avoir reçu une mise en demeure il y a deux semaines, dont l’échéance est arrivée à terme le vendredi dernier.
Tout en rejetant toute idée de confrontation, Yao Ernest Kouassi a insisté sur leur volonté de privilégier la concertation. « Ce n’est pas un bras de fer. Nous sommes ouverts à la négociation et nous demandons qu’un autre site soit proposé pour accueillir ce projet », a-t-il affirmé.
Il a par ailleurs tenu à rassurer sur le caractère pacifique de leur mouvement. « Nous n’avons posé aucun acte de vandalisme. Nous avons simplement suspendu nos activités pour nous faire entendre », a-t-il précisé, évoquant la possibilité de maintenir la fermeture du marché jusqu’à nouvel ordre.
De son côté, le maire de Bondoukou, Ouattara Anzoumana, avait lors d’une rencontre tenue le 23 février avec les commerçants, expliqué que la municipalité a engagé un processus de concertation avec les 83 occupants concernés. Cette démarche visait à leur présenter le bien-fondé du projet, recueillir leurs préoccupations et définir les modalités de leur réinstallation.
Il a précisé qu’un site de recasement a été proposé au niveau du petit marché du Zanzan, avec la possibilité d’identifier d’autres espaces complémentaires si nécessaire.
Le maire avait également insisté sur la portée économique et sociale du projet, soulignant que l’arrivée de SOCOCE pourrait favoriser la concurrence sur le marché local et contribuer à la baisse des prix des produits de première nécessité.
Malgré ces assurances, les commerçants maintiennent leur position et plaident pour une délocalisation du projet vers d’autres sites jugés plus appropriés, afin de préserver leurs activités.
(AIP)
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