Béoumi, 24 mars 2026 (AIP)- La direction départementale des Eaux et Forêts de Béoumi a présenté, lundi 23 mars 2026, les actions menées qui ont contribué à la réduction des feux de brousse dans le département, selon des témoignages de populations et des responsables locaux.
Des habitants de plusieurs localités ont fait état d’une diminution du phénomène ces dernières années. Yao Samuel, résident de Béoumi, a indiqué que les feux de brousse ont reculé dans la zone, rappelant qu’il y a trois ans, son champ d’anacarde avait été détruit par un incendie à Koubébo-Dan, et que l’auteur avait été convoqué à la gendarmerie. Il a précisé que les causes des feux de brousse incluent les activités des chasseurs en quête de gibier, des bouviers à la recherche de pâturages, des exploitants de vin de palme, des dépôts de cendres chaudes dans la brousse et certaines opérations de pare-feu.
Il a également évoqué les conséquences de ces incendies, notamment la perte de récoltes, la baisse des revenus agricoles, le retard des plantations et les conflits entre populations.
À Kondrobo, Konan Yao Germain a signalé une baisse du phénomène dans la sous-préfecture, qu’il attribue aux actions de sensibilisation des agents des Eaux et Forêts et à l’organisation des populations en comités locaux de prévention.
Dans le village de Mangrè-Dan Kénéfouè, sous-préfecture d’Ando-Kékrénou, Kouakou Frédéric a relevé une réduction des feux de brousse, qu’il met en lien avec les activités menées par les agents auprès des populations. Il a toutefois rapporté qu’en février 2026, une partie de son champ a été brûlée par des jeunes ayant jeté du feu dans des feuilles mortes, indiquant que le différend a été réglé à l’amiable.
À Assakra, dans la sous-préfecture de Béoumi, Konan Prosper a expliqué que la baisse des feux de brousse est liée aux actions des autorités et à la prise de conscience des populations, qui sanctionnent les auteurs de ces pratiques.
Le directeur départemental des Eaux et Forêts de Béoumi, le lieutenant-colonel Séka Séka Germain, a confirmé cette tendance, en indiquant que les informations recueillies auprès des populations font état d’une diminution des feux de brousse.
Selon lui, cette évolution résulte des campagnes de sensibilisation menées dans plusieurs localités, notamment à partir de 2023, avec des missions conduites dans des villages tels que Solo, Akadiaffouet, Assenzé, N’Doli-Sakassou, Ouaouassi-M’Babo et Afotobo dans la zone de Béoumi, ainsi que Dékreta, Bonikro et Mangrè-Dan dans le secteur d’Ando-Kékrénou.
Il a ajouté que des actions ont été réalisées en collaboration avec le Comité national de défense de la forêt et de lutte contre les feux de brousse (CNDFB), dans le cadre du Projet intégré de développement et d’adaptation au changement climatique dans le bassin du Niger, composante Côte d’Ivoire (PIDACC/BN), avec des activités de sensibilisation menées dans plusieurs villages, dont Afotobo, Assengou, Fari-M’Babo et N’Guessankro.
Pour la saison 2025-2026, il a indiqué que des missions ont été effectuées en février dans les villages de Golikro, Tiédiébo et Abouakro.
Le lieutenant-colonel Séka Séka Germain a rappelé l’organisation, le 6 janvier 2024, de la cérémonie de lancement officiel de la campagne de lutte contre les feux de brousse à Boukebo, avec la participation d’autorités traditionnelles et de responsables de comités villageois.
Il a également fait état de la distribution de matériels à plus de 65 comités de lutte, comprenant un comité départemental, cinq comités sous-préfectoraux, 19 comités villageois dans la sous-préfecture de Béoumi, 20 dans celle d’Ando-Kékrénou, 10 à Bodokro et 10 à Kondrobo.
Concernant les messages adressés aux populations, il a indiqué que les agents présentent les textes réglementaires en vigueur et les conséquences des feux de brousse sur les activités agricoles et les conditions de vie, en s’appuyant sur des exemples observés dans plusieurs localités.
Il a souligné l’importance des forêts sacrées dans la conservation du patrimoine forestier dans la région du Gbêkê, en précisant que ces espaces sont présents dans les villages.
Le directeur départemental a signalé des zones nécessitant une vigilance, notamment Dékreta, Bonikro et Ando dans la sous-préfecture d’Ando-Kékrénou, ainsi que le village d’Assenzé, où un individu a été déféré devant le procureur en 2023 pour des faits liés aux feux de brousse.
Il a enfin exprimé sa reconnaissance au préfet du département de Béoumi, au corps préfectoral, au ministre des Eaux et Forêts et au directeur régional de Gbêkê pour leur appui aux actions menées.
(AIP)
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