Niakara, 25 mars 2026 (AIP) – La principale retenue d’eau alimentant le château d’eau de Niakara est quasiment à sec, plongeant les populations dans une situation de pénurie d’eau potable devenue critique, a constaté l’Agence ivoirienne de presse (AIP), mardi 24 mars 2026.
Visité en milieu d’après-midi, le site révèle un bassin presque entièrement asséché, laissant place à un sol craquelé et durci par le soleil ardent. Seule subsiste, au centre, une mince nappe d’eau verdâtre et stagnante, signe d’un épuisement avancé, voire complet, de la ressource naturelle. Les installations de pompage, désormais exposées à l’air libre, témoignent de la baisse drastique du niveau de la retenue, qui alimente le réseau d’eau potable de la ville.
Cette situation, qui dure depuis près de trois mois, met à rude épreuve l’approvisionnement en eau de plusieurs milliers d’habitants. Dans les quartiers, les robinets restent désespérément à sec, compliquant les usages domestiques dans un contexte de chaleur accrue liée à la saison sèche. Face à cette crise, les populations lancent un appel aux autorités pour trouver des solutions durables.
« Depuis près de trois mois, nous souffrons énormément. Nous passons tout ce temps sans une goutte d’eau au robinet. Nous sommes obligées de parcourir de longues distances pour en chercher ailleurs », témoigne Koné Mariam, résidente du quartier Dofangui.
Dame Yéo Awa, commerçante, évoque les conséquences de cette pénurie sur les activités économiques et la vie familiale. « L’eau est devenue une source de stress permanent. Nous devons nous lever très tôt ou veiller tard dans l’espoir d’en avoir. Mais rien. Nos enfants en souffrent aussi. Nous demandons aux autorités de réagir rapidement », déplore-t-elle.
Dans cette localité du Hambol, les températures élevées accentuent l’évaporation et aggravent la crise. Les populations jugent insuffisants les moyens actuels de ravitaillement. « L’unique camion-citerne affrété par l’Office national de l’eau potable est très loin de couvrir le minimum des besoins », souligne un fonctionnaire.
Elles réclament des mesures urgentes telles que le renforcement du dispositif de ravitaillement avec au moins trois camions-citernes supplémentaires, la réhabilitation des infrastructures hydrauliques existantes et la mise en place de sources alternatives d’approvisionnement.
Certaines voix suggèrent également des solutions structurelles. « Il faut profiter de la sécheresse actuelle pour procéder au dragage complet de la retenue. Ce bassin n’a jamais été entretenu », propose Moïse Ouattara Kloban, résident du quartier Kalêhê-Extension.
En attendant une réponse des autorités, la ville de Niakara continue de vivre au rythme de la pénurie, avec pour principale urgence d’éviter une aggravation de la crise aux conséquences humanitaires préoccupantes.
(AIP)
jbm/ad/kp

