Abidjan, 27 mars 2026 (AIP) – L’expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Mali, Eduardo Gonzalez, a estimé, jeudi 26 mars 2026 à Genève, que les décisions politiques internes contribuent à l’aggravation de la crise multidimensionnelle que traverse le pays.
Intervenant devant le Conseil des droits de l’homme, M. Gonzalez a indiqué que la dégradation de la situation ne saurait être attribuée uniquement à l’insécurité ou à des facteurs extérieurs. Il a relevé une série de mesures ayant, selon lui, restreint l’espace démocratique, notamment la dissolution de partis politiques, l’abrogation du statut de l’opposition et la prolongation du mandat du président de la transition.
Ces décisions produisent, d’après l’expert, un effet « systémique » caractérisé par la réduction du débat public, la limitation des voix critiques et le rétrécissement de l’espace civique.
Le rapport présenté fait état d’une augmentation des violations des droits humains, incluant des exécutions sommaires, des disparitions forcées, des violences sexuelles et des détentions arbitraires. Ces exactions sont attribuées à divers acteurs, dont des groupes armés, les forces de défense et de sécurité maliennes et leurs partenaires, ainsi que des milices communautaires.
Selon le rapport, cette situation a également des répercussions humanitaires, illustrées par la hausse du nombre de personnes déplacées internes et la fermeture de nombreuses écoles.
L’expert indépendant a plaidé pour une approche globale de sortie de crise, estimant qu’une réponse exclusivement sécuritaire ne saurait produire des effets durables. Il a appelé à un renforcement de la gouvernance, fondé sur l’ouverture politique et le respect des droits humains.
Les autorités maliennes ont, pour leur part, contesté les conclusions du rapport, évoquant des « allégations infondées » et justifiant la dissolution des partis politiques par un processus de refondation du système politique.
(AIP)
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