Abidjan, 27 mars 2026 (AIP) –La 14e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce s’est ouverte jeudi 26 mars 2026 à Yaoundé, au Cameroun, sur fond d’attentes fortes autour d’une réforme en profondeur du système commercial multilatéral, avec la Côte d’Ivoire représentée par une délégation conduite par le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté.
L’Afrique accueille pour la toute première fois en une décennie, ce grand rendez- vous du commerce international.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre camerounais, Luc Magloire MBarga Atangana a insisté sur la nécessité d’une volonté commune, “celle de réformer l’OMC pour qu’elle puisse répondre aux défis actuels et restaurer la confiance dans le système commercial multilatéral”. Il a noté aussi qu’il s’agit ” d’ être capable de promouvoir les investissements de l’Afrique et la zone de libre-échange”.
Le Camerounais, par ailleurs président de la Conférence, a situé l’importance de cette 14e édition ” aux enjeux multiples ” dans un contexte mondial complexe”. Il a fait savoir aussi que se joue l’avenir de l’OMC vu qu’il s’agit de la réforme de l ‘Organisation”.
Le ministre a souligné que l’enjeu porte également “sur les questions immédiates, la question centrale du développement”. Il a salué la présence de la directrice générale, “véritable icône, que nous avons vue au cours de ces journées préparatoires, prendre une part active aux différentes sessions, prendre la parole et prêcher en faveur de l’unité, la stabilité et la résilience de l’OMC secouée par des divergences de vues”.

Portées notamment par la directrice générale, Ngozi Okonjo-Iweala, et par plusieurs États membres, les discussions s’annoncent décisives pour l’avenir de l’institution.
Dans son intervention, Mme Okonjo-Iweala a clairement posé les enjeux de ces assises, appelant les membres à « adopter une feuille de route ambitieuse pour la réforme de l’OMC ». Face aux blocages persistants et aux divergences de vues entre États, elle a insisté sur la nécessité de « sortir de l’impasse » et de redonner crédibilité et efficacité à l’organisation.
Pour la dirigeante de l’institution, Yaoundé doit constituer « un signal fort » en faveur d’un renouveau du multilatéralisme commercial, dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les défis liés au développement.
Elle a plaidé pour des avancées concrètes dans les négociations, afin de restaurer la confiance entre les membres et renforcer la résilience du système commercial international.
Ces préoccupations sont largement partagées par de nombreux États membres présents dans la capitale camerounaise. Ils souhaitent modifier les processus de décisions de l’Organisation qui suit le principe du consensus mais aussi revoir les règles relatives aux pays en développement concernant l’égalité des conditions de concurrence et revoir le mécanisme de règlement des litiges commerciaux.
Les discussions portent également sur la nécessité d’adapter les règles relatives aux pays en développement, notamment en matière d’équité dans les conditions de concurrence. Pour de nombreux pays africains et du Sud, il s’agit de mieux prendre en compte les réalités économiques spécifiques et de favoriser une intégration plus juste dans le commerce mondial.
Au-delà des réformes institutionnelles, les participants entendent également faire avancer les discussions sur la promotion des investissements, en particulier en Afrique, ainsi que sur le renforcement des échanges dans le cadre des initiatives régionales telles que la Zone de libre-échange continentale africaine.
Prévue jusqu’au 29 mars, la conférence sera rythmée par des sessions plénières, des consultations informelles et des rencontres bilatérales. Autant d’occasions pour les ministres et négociateurs de tenter de rapprocher les positions et de jeter les bases d’une OMC plus inclusive, plus efficace et mieux adaptée aux défis du XXIe siècle.
(AIP)
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