Abidjan, 29 mars 2026 (AFP) – Face à l’aggravation de la crise climatique, un enseignant-chercheur ivoirien, spécialiste en changement climatique a plaidé pour une mobilisation collective, lors d’un panel organisé à Abidjan dans le cadre de la première édition du « Maquis des sciences ».
« Il faut une action collective pour faire face à la crise climatique. Imaginez un instant, nous sommes six millions à Abidjan. Si chaque citoyen ramassait une bouteille en plastique, cela représenterait six millions de déchets collectés », a déclaré jeudi 26 mars 2026 à Abidjan, Dr Didi Sacré-Régis, spécialiste du changement climatique et enseignant-chercheur en mathématiques, physique et chimie à l’Université Jean-Lorougnon Guédé de Daloa.
Le chercheur a indiqué mener régulièrement des actions de sensibilisation dans les établissements préscolaires, scolaires et universitaires, ainsi qu’auprès d’organisations de la société civile. Il a notamment évoqué une récente intervention à Bondoukou auprès du conseil régional, visant à encourager une prise de conscience des enjeux climatiques.
« Au-delà de la production scientifique et des recommandations adressées aux autorités, il est essentiel de sensibiliser les populations. La crise climatique n’est pas individuelle, elle nécessite une réponse collective », a-t-il insisté.
De son côté, la climatologue Dr Touré Eveline a souligné la nécessité d’une approche globale. « Il faut agir à la fois par le haut, à travers les politiques publiques et les cadres juridiques, et par le bas, avec l’implication des populations. Sans respect des lois, aucun changement durable n’est possible », a-t-elle expliqué.
Elle a également rappelé le caractère global du phénomène climatique. « Il n’existe qu’une seule atmosphère. Les actions menées dans une région du monde ont des répercussions ailleurs. Nous sommes à la fois acteurs et victimes du changement climatique », a-t-elle ajouté.
Elle a relevé des alternatives énergétiques, notamment les énergies renouvelables telles que le solaire, l’éolien et l’hydraulique. Elle a toutefois relevé les contraintes technologiques et financières liées à leur mise en œuvre, estimant que les Contributions déterminées au niveau national (CDN) constituent un levier pour accompagner cette transition et réduire les émissions de gaz à effet de serre.
La cogérante de la startup Ecoplas Innov, Mme Kouassi,a expliqué que son entreprise installe par sa part des boxes de tri au sein des structures, sensibilise le personnel et assure la collecte des déchets.
Elle a insisté sur le caractère collectif de la lutte contre le changement climatique. « C’est l’affaire de tout le monde. Si nous ne voulons pas retrouver du plastique dans nos assiettes, c’est dès maintenant que nous devons agir », a-t-elle conclu.
Organisé par l’Institut de recherche pour le développement (IRD), en partenariat avec l’ambassade de France en Côte d’Ivoire, l’Institut français, l’ONG Blue et La Fabrique culturelle, cet événement visait à favoriser le dialogue entre scientifiques et société autour du thème « Le changement climatique en Côte d’Ivoire ».
Selon le représentant de l’IRD en Côte d’Ivoire, Fabrice Courtin, le « Maquis des sciences » ambitionne de rapprocher la science des citoyens, de croiser les points de vue et de rendre la recherche plus accessible et attentive aux préoccupations sociales.
(AIP)
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