Bondoukou, 31 mars 2026 (AIP) – Le directeur de la fiscalité locale à la Direction générale des impôts (DGI), Gbalou Tchétché Noël, a appelé à une synergie du cadre de collaboration entre administrations pour booster les recettes locales, lors d’un atelier de formation en fiscalité locale initié par le Conseil régional du Gontougo, lundi 30 mars 2026, à la préfecture de Bondoukou.
Cette activité s’inscrit dans une dynamique de renforcement des capacités des acteurs locaux, en vue d’optimiser la mobilisation des ressources et soutenir le développement de la région du Gontougo.
Intervenant devant les acteurs des collectivités territoriales, Gbalou Tchétché Noël a insisté sur l’existence d’un cadre légal qu’il convient surtout de rendre effectif.
« Le cadre de collaboration entre les administrations existe déjà. Il faut l’améliorer et le renforcer. Ce n’est pas l’absence de cadre qui pose problème, mais plutôt sa mise en œuvre. Un dispositif peut exister, mais si les hommes ne le font pas vivre, on a l’impression qu’il n’existe pas », a-t-il expliqué.
Revenant sur l’évolution du système fiscal, M. Gbalou a rappelé que la collaboration entre collectivités et services de l’État était autrefois plus directe.
« Dans l’ancien système, les collectivités participaient directement au recouvrement de certains impôts d’État et conservaient leur part avant de reverser le reste au Trésor. Aujourd’hui, le mécanisme a changé, mais la nécessité de collaboration demeure essentielle », a-t-il indiqué.

S’appuyant sur des expériences concrètes, le directeur de la fiscalité locale à la DGI a démontré l’impact positif d’une bonne synergie d’actions.
« Lorsque la collaboration est effective, les résultats sont significatifs. Dans une région où nous sommes intervenus, les ressources propres sont passées de zéro à 170 millions de francs CFA en une seule année. Cela montre le potentiel énorme dont disposent les collectivités », a-t-il révélé.
Le directeur de la fiscalité locale , a toutefois mis en garde contre le relâchement dans le suivi. « La mobilisation fiscale exige de l’ingéniosité et de la constance. Les performances d’une année ne garantissent pas celles de l’année suivante. Il faut continuellement adapter les stratégies et élargir l’assiette fiscale », a-t-il insisté.
Le directeur a également attiré l’attention sur les difficultés opérationnelles rencontrées par les services financiers des collectivités. « Les services chargés de mobiliser les ressources sont souvent les moins dotés en moyens. Pourtant, tout part d’eux. Il faut leur donner les capacités nécessaires, car comme on le dit, c’est l’argent qui appelle l’argent », a-t-il souligné.
Insistant sur la nécessité d’une action concertée sur le terrain, il a plaidé pour une approche unifiée face aux contribuables.
« Dans la collaboration, vous devez agir comme une seule administration, avec un interlocuteur fiscal unique. Dès que le contribuable perçoit un manque de coordination, cela affaiblit le recouvrement », a-t-il averti.
Évoquant les innovations récentes, il a rappelé la création d’un cadre institutionnel renforcé. « La loi de 2020 sur le régime financier des collectivités territoriales prévoit clairement que les services des impôts doivent accompagner les collectivités dans l’identification, l’assiette et le recouvrement de leurs ressources propres », a-t-il précisé.
Enfin, il a encouragé les collectivités à mieux exploiter leur potentiel fiscal, notamment en matière d’impôt foncier. « L’impôt foncier reste aujourd’hui la ressource la plus sûre pour les collectivités. C’est un levier stratégique qu’il faut pleinement exploiter pour renforcer leur autonomie financière », a-t-il conclu.
(AIP)
nmfa/zaar

