Abidjan, 31 mars 2026 (AIP) – Face à une crise dans la filière cacao, le Réseau ivoirien du commerce équitable (RICE) a appelé à la mise en œuvre immédiate de mesures urgentes pour protéger les producteurs et éviter un effondrement du secteur, a déclaré son secrétaire général, Maizan Kobena Paul, mardi 31 mars 2026, lors d’une conférence de presse à Abidjan.
Au cœur de cette sortie médiatique, le maintien du prix bord champ fixé à 2 800 FCFA/kg pour toute la récolte de la campagne principale 2025-2026 constitue, selon le RICE, une priorité absolue. « Les producteurs ont organisé leur travail et leur vie sur la base de ce prix garanti », a insisté le porte-parole, soulignant qu’une baisse brutale compromettrait l’équilibre économique de milliers de familles rurales.
Le RICE plaide également pour une accélération du retrait des stocks encore invendus, avec un mécanisme de suivi hebdomadaire transparent, impliquant étroitement les coopératives. « Il faut évacuer rapidement les volumes restants pour éviter l’asphyxie financière des organisations de producteurs », a-t-il ajouté.
Au-delà de ces mesures techniques, l’organisation appelle à une mobilisation générale de tous les acteurs de la chaîne de valeur – État, régulateur, acheteurs internationaux et partenaires au développement – afin de trouver des solutions concertées.
« Ce qui se joue actuellement dépasse un simple ajustement de marché. C’est une crise profonde qui menace l’épine dorsale de notre économie », a averti Maizan Kobena Paul, évoquant les risques pour la réputation internationale du cacao ivoirien.
Sur le terrain, la situation est déjà critique. Le RICE, qui fédère plus de 80 coopératives, indique que des milliers de tonnes de cacao issues de la campagne principale restent stockées, alors même que la petite saison a démarré depuis le 4 mars 2026. Cette accumulation, conjuguée à une chute annoncée des prix à 1 200 FCFA/kg, expose les producteurs à un « appauvrissement certain ».
Les coopératives se retrouvent particulièrement fragilisées. Ayant contracté d’importants prêts pour préfinancer l’achat du cacao à 2 800 FCFA/kg, elles sont aujourd’hui confrontées à une équation financière intenable.
Selon les estimations avancées, une coopérative ayant préfinancé 1 000 tonnes pourrait subir un déficit de près de 1,6 milliard de FCFA.
Face à cette situation, les producteurs réaffirment leur disponibilité au dialogue avec les autorités, tout en exigeant des actions rapides et concrètes. « Protéger les producteurs, c’est préserver le leadership mondial du cacao ivoirien », a martelé le secrétaire général du RICE.
Au-delà d’un appui à la commercialisation du cacao, le président du conseil d’administration du RICE, Bley Fortin a rappelé les réalisations du réseau en faveur des producteurs notamment la construction d’écoles, facilitant ainsi l’accès à l’éducation pour les enfants de producteurs, en collaboration avec les autorités éducatives pour la mise à disposition d’enseignants.
Crée en 2009, le RICE représente environ 70.000 producteurs ivoiriens.
(AIP)
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