Abidjan, 3 avr 2026 (AIP) – Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a ordonné le déploiement de l’armée dans plusieurs grandes villes, dont Le Cap et Johannesburg, pour faire face à une recrudescence sans précédent de la criminalité.
Baptisée « Opération Prospérité », cette offensive d’envergure mobilise 2 200 soldats des forces de défense nationale sud-africaines (SANDF) pour une durée de 12 mois, avec un budget estimé à 49 millions de dollars, selon l’Agence de presse Anadolu.
Cette intervention marque une escalade dans la réponse gouvernementale à une insécurité persistante. Les forces militaires opèrent désormais aux côtés de la police pour reprendre le contrôle de zones urbaines fortement touchées par les violences.
Officiellement lancée au Le Cap, l’opération vise une présence durable et structurée, loin des dispositifs ponctuels. Elle repose sur un renforcement visible du maillage sécuritaire dans les quartiers sensibles, des opérations ciblées fondées sur le renseignement et un maintien prolongé des troupes pour éviter un retour rapide de l’insécurité.
L’épicentre de l’intervention se situe dans les Cape Flats, une région densément peuplée gangrenée par les activités de gangs. Dans des zones comme Mitchells Plain, les forces de sécurité font face à des organisations criminelles bien implantées, impliquées notamment dans le trafic de drogue, l’extorsion et d’autres activités illicites.
Ce déploiement intervient dans un contexte alarmant. Selon les données officielles pour 2025, l’Afrique du Sud a enregistré 23 672 homicides, soit environ 65 meurtres par jour. À cela s’ajoutent 132 000 vols, 53 000 agressions sexuelles et 34 000 vols de véhicules.
Pour soutenir cette opération, le Parlement sud-africain a approuvé une enveloppe de 823 millions de rands, traduisant l’ampleur des moyens engagés.
Si l’arrivée de l’armée suscite un certain soulagement au sein de la population, confrontée à une insécurité chronique, elle pose également la question de l’efficacité à long terme de cette stratégie. Le défi pour les autorités sera de démontrer que l’intervention militaire peut durablement affaiblir des réseaux criminels profondément enracinés, là où les dispositifs policiers ont montré leurs limites.
(AIP)
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