Man, 05 avr 2026 (AIP)- Une dynamique de retrait de plusieurs sites du patrimoine mondial en péril s’est enclenchée à Man, lors d’un atelier interrégional d’appui au retrait des biens de la liste du patrimoine mondial en péril, tenu du lundi 30 mars au jeudi 2 avril 2026, où experts, autorités, gestionnaires de sites et partenaires techniques ont défini les moyens et engagements pour accélérer leur sortie de cette liste.
Une rencontre pour coordonner les réponses à la conservation
L’atelier a rassemblé des participants venus de différents pays africains et arabes, représentant à la fois les États concernés, les institutions internationales et les gestionnaires de sites. Pendant quatre jours, ils ont échangé sur les contraintes locales et les meilleures pratiques de gestion, confrontant leurs expériences pour identifier des solutions adaptées à chaque contexte.
Le chef de cabinet du ministère de l’Environnement, Diarra Youssouf, a souligné l’urgence. « Trouver des solutions pour sortir ces sites de cet état de péril », a-t-il déclaré, rappelant que la protection du patrimoine mondial dépend de la coopération internationale et d’une mobilisation constante des États et partenaires techniques.
Pour l’UNESCO et l’Organisation du monde islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ICESCO), la liste en péril n’est pas une sanction mais un levier stratégique pour attirer financements et expertise. Ces institutions ont insisté sur l’importance des sites pour la biodiversité, le climat et le développement durable des communautés locales, insistant sur le fait que chaque action compte et que le retrait d’un site de cette liste est un signe concret de succès collectif.

Les échanges ont également mis en évidence que les avancées techniques doivent être accompagnées par un engagement politique et une coordination régionale. La mise en place de mécanismes de suivi, d’indicateurs précis et de plans d’action adaptés à chaque contexte a été présentée comme une étape clé pour assurer la sortie effective des sites de la liste.
Des situations contrastées selon les sites
À Djenné, au Mali, les efforts de restauration et de délimitation des zones protégées ont été limités par le contexte sécuritaire. Les interventions prévues pour consolider les structures historiques ont été ralenties, et la surveillance des zones sensibles reste difficile. Les autorités locales et les partenaires internationaux ont insisté sur l’importance de la sécurité pour préserver l’intégrité du site.
Au Tombeau des Askia, à Gao, des progrès ont été observés grâce à la création d’un comité de gestion et à des travaux de restauration soutenus par les partenaires techniques. Ces actions ont renforcé la gestion quotidienne et amélioré les infrastructures. La valorisation culturelle et touristique du site a été favorisée, impliquant davantage les communautés locales et les autorités.
Dans les réserves naturelles de l’Aïr et du Ténéré, la réduction du braconnage et l’organisation de la transhumance ont constitué des avancées notables. Cependant, l’ampleur du territoire et les effets du changement climatique restent des contraintes importantes. La surveillance et le suivi écologique nécessitent des ressources supplémentaires et une coordination constante avec les populations locales.
Au parc national de Kahuzi-Biega, en République démocratique du Congo, la protection des espèces et la restauration des habitats ont progressé grâce à des programmes de suivi et de sensibilisation. La pression humaine et sécuritaire reste élevée, affectant certaines mesures de conservation. Ces situations contrastées montrent que le retrait des sites de la liste en péril dépend d’un engagement technique, politique et communautaire adapté à chaque contexte.

Le Mont Nimba, symbole d’un processus en cours
Le Mont Nimba, site transfrontalier partagé entre la Côte d’Ivoire et la Guinée, a concentré l’attention. Inscrit sur la liste du patrimoine mondial en péril depuis plus de trente ans, il a été présenté comme un exemple de site où des progrès concrets permettent d’entrevoir une sortie prochaine. Sur le terrain, les participants ont constaté que la biodiversité du Mont Nimba restait intacte et que la surveillance, le suivi écologique et l’implication des communautés riveraines avaient été renforcés.
Du côté guinéen, le colonel Justin Bilivogui a confirmé que »tous les indicateurs sont pratiquement au vert », tout en rappelant que l’encadrement des activités minières restait un point à traiter.
L’expert de l’ICESCO, Souayibou Varissou, a rappelé que sur 1248 sites mondiaux, 53 figurent aujourd’hui sur la liste en péril, confrontés à des menaces telles que le changement climatique, les conflits et la perte de biodiversité.
Engagements pour l’avenir
Les discussions ont conduit à définir des priorités pour assurer la sortie durable des sites de la liste du patrimoine mondial en péril. Les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre États, institutions internationales et gestionnaires de sites afin de coordonner les actions et partager les bonnes pratiques.
Le suivi régulier et l’évaluation des progrès ont été identifiés comme des éléments essentiels. Des indicateurs précis et des plans d’action adaptés à chaque contexte seront mis en œuvre pour mesurer l’efficacité des interventions et orienter les décisions futures.
La participation des communautés locales a été jugée indispensable pour assurer la pérennité des actions de conservation. Leur implication dans la surveillance, la gestion des ressources et la sensibilisation sera renforcée, garantissant que les mesures techniques s’accompagnent d’un engagement social durable.
Enfin, le financement et le soutien technique restent au cœur des engagements pour l’avenir. Les partenaires internationaux ont confirmé leur disponibilité à fournir appui et expertise, tandis que les États concernés ont exprimé leur volonté de traduire les recommandations en actions concrètes sur le terrain.
(AIP)
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