Vavoua, 8 avr 2026 (AIP) – La fête de Pâques, appelée « Paquinou » en pays Baoulé, s’est déroulée dans une ambiance inhabituellement calme le dimanche 5 avril 2026 à Akponzon, un campement situé à huit kilomètres de Vavoua, dont la majorité des habitants a quitté les lieux pour célébrer l’événement dans leurs villages d’origine au centre de la Côte d’Ivoire.
Créé vers 1956, Akponzon a été fondé par Kouassi Konan, originaire de Kongossou, dans la commune de Béoumi. Arrivé dans la zone pour développer des plantations de café, il s’était d’abord installé chez son beau-frère à Agbayansou avant d’acquérir une parcelle où il a créé le campement baptisé Akponzon, un nom qui signifie « c’est descendu ».
En pays Baoulé, la fête de Pâques constitue traditionnellement une période de retour au village pour les ressortissants installés dans les zones forestières pour les activités agricoles. Selon le chef de la communauté, Kouassi Kan, cette célébration permet aux familles de se retrouver et d’évoquer les projets de développement des villages d’origine.
« Les ressortissants rejoignent leurs villages pour participer à la vie communautaire et réfléchir au développement de leurs localités », a-t-il expliqué.
Cette année, de nombreux habitants d’Akponzon ont ainsi rejoint leurs villages du centre du pays, laissant la localité presque déserte.
À la veille de la fête, quelques jeunes ont tenté d’animer le campement à travers des chants et de la musique.
« La jeunesse a essayé d’animer la localité samedi, mais l’ambiance n’a duré qu’environ une heure », a indiqué le chef Kouassi Kan.
Le président des jeunes d’Akponzon, Konan Kouassi Eric, a confirmé cette faible mobilisation.
« La localité s’est vidée de ses habitants », a-t-il déclaré.
Les jeunes restés sur place ont expliqué leur présence par la nécessité de surveiller leurs plantations et leurs récoltes.
Le jour de Pâques, tôt dans la matinée, les femmes se sont rendues aux pompes hydrauliques à motricité solaire pour puiser de l’eau avant de préparer les repas de fête. La localité, qui compte plus de 800 habitants, dispose de trois pompes dont le débit diminue en cette période de fin de saison sèche.
Les habitants présents se sont ensuite rendus de cour en cour pour partager un petit-déjeuner composé notamment de poisson frit accompagné d’attiéké ou de bouillie d’igname.
Vers la fin de la matinée, le chef coutumier s’est rendu à la mission évangélique Silué, principal lieu de culte de la localité. L’affluence y était également faible, le prophète fondateur de la mission et plusieurs de ses collaborateurs étant absents pour célébrer Paquinou dans leur village d’origine.
Le culte a pris fin plus tôt que d’habitude afin de permettre aux femmes de poursuivre la préparation du repas. Habituellement long de plusieurs heures, l’office s’est achevé au bout d’environ deux heures.
Dans la soirée, les habitants restés sur place ont partagé un repas composé d’igname, de riz et d’une soupe au poulet accompagné de vin rouge. Quelques chants et danses ont ensuite animé la localité, mais pour une courte durée.
« La fête est morose, tous sont en voyage », a déploré la présidente des femmes de la localité, Mme Kouassi.
Malgré cette faible mobilisation, la quinzaine de femmes restées sur place a tenu à marquer la fête en portant le pagne tissé du pays Baoulé.
Akponzon compte plus de 800 habitants, une population en partie liée à la présence de la mission Silué, un camp de prière fréquenté par des fidèles venus de plusieurs régions du pays. Cette année toutefois, la célébration de Paquinou s’est déroulée dans une ambiance plus calme que d’ordinaire dans ce campement comme dans plusieurs autres localités Baoulé de la sous-préfecture de Vavoua.
(AIP)
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