Bouaké, 11 avr 2026 (AIP)- La Plateforme de la société civile pour la paix et la démocratie (PSCPD) a organisé, jeudi 09 avril 2026 à Gbangbossou, village de la sous-préfecture de Brobo, une conférence sur la masculinité positive, dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Bla Ni Agba » (femme et manioc).
Ce projet, d’une durée de cinq ans (2024-2029), est porté par Développement International Desjardins (DID) et financé par Affaires Mondiales Canada (AMC). Il vise à réduire la vulnérabilité des femmes de la filière manioc face aux effets des changements climatiques et à l’insécurité alimentaire, tout en promouvant l’égalité de genre et la masculinité positive.
La conférence de Gbangbossou fait suite à une activité d’immersion organisée le 27 mars 2026 dans trois localités, à savoir Bounda, Attrokro et Gbangbossou. Cette initiative avait pour objectif de contribuer à la transformation des normes sociales liées à la répartition des rôles au sein des ménages.
Au cours de cette immersion, des hommes ont assumé, durant une journée entière, les tâches habituellement réalisées par leurs épouses. Un programme a été défini, couvrant les activités quotidiennes, du petit-déjeuner au dîner. Les participants ont pris part à la planification des repas, à l’achat des ingrédients, à la préparation des mets, au service et au nettoyage.
Ils ont également assuré la garde des enfants, notamment, la toilette, les soins, l’alimentation, les activités éducatives et la surveillance.
La rencontre de Gbangbossou a permis aux participants de partager leurs témoignages et leurs ressentis à l’issue de cette expérience. Plusieurs intervenants ont évoqué la charge de travail liée aux tâches domestiques et aux soins non rémunérés assurés par les femmes.
Dans les communautés ciblées, les femmes assument la majorité des responsabilités domestiques sans partage équitable. Cette situation limite leur autonomisation et leur participation aux activités économiques.
Selon les organisateurs, l’approche adoptée repose sur une méthode participative et expérientielle visant à amener les hommes à comprendre les réalités quotidiennes des femmes et à reconnaître la valeur des prestations de soins non rémunérées.
La responsable genre de Développement International Desjardins, Sandrine Gbeuli, a indiqué que la masculinité positive implique la participation des hommes et des garçons à la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Elle a expliqué que cette approche vise à déconstruire les stéréotypes liés aux rôles sociaux et à favoriser un changement d’attitudes des hommes envers les femmes.
« La masculinité positive consiste à considérer les hommes comme des acteurs du changement dans les relations entre hommes et femmes. Le partage des tâches au sein du ménage permet à chaque membre de la famille de participer à la vie économique, sociale et communautaire », a-t-elle déclaré.
Mme Gbeuli a également relevé que la paternité responsable repose sur l’implication des pères dans l’éducation des enfants, les soins et les tâches domestiques, ainsi que sur le refus de toute forme de violence.
Elle a ajouté que cette approche contribue à améliorer les conditions de vie des femmes, des enfants et de la communauté.
La conférence a enregistré la participation de plusieurs présidents d’Associations de valorisation de l’entraide communautaire (AVEC) et de leurs membres.
Les organisateurs ont indiqué que des actions de sensibilisation se poursuivront dans les localités concernées et dans toute la région de Gbêkê à partir de 2028 afin de renforcer l’adoption de comportements favorables au partage des responsabilités et à la cohésion au sein des ménages.
(AIP)
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