Bondoukou, 13 avr 2026 (AIP) – L’administration territoriale et ses composantes ont rendu un hommage au chef central de la communauté Nafana, Tole Sié Koffi II, qui souffrait d’un mal de dents dont l’état se serait aggravé malgré les soins entrepris, le 25 décembre 2025,
La cérémonie de souvenir a été organisée, samedi 11 avril 2026 à l’école catholique Joseph Pfizer de Bondoukou.
La disparition de cette grande figure de l’autorité traditionnelle, unanimement reconnue pour son rôle de rassembleur, a profondément affecté le peuple Nafana Katogo et l’ensemble des communautés de la ville.
Présent à la cérémonie, le préfet de region, Kouadio Gbongbo André, le sénateur Kossonou Ignace, le représentant du ministre d’Etat, conseille spécial du président de la République, Kobenan Adjoumani, ont tenu à marquer leur reconnaissance à celui qui fut un collaborateur engagé de l’administration et président de la section civilo-militaire.
Cette cérémonie d’hommage a mis en lumière le rôle central des autorités traditionnelles dans la consolidation du vivre-ensemble à Bondoukou. Selon les traditions Nafana, ces obsèques ont été précédées de rites spécifiques marquant le passage du défunt vers le monde des ancêtres.
Au nom de la famille, le préfet hors grade à la retraite, Koné Jacques Lobognon, également chef de la famille Agouane, a expliqué la portée symbolique de ces pratiques.
« Dans notre tradition, lorsqu’un baobab de cette ampleur tombe, nous disons qu’il a mal à la dent. Il existe un traitement particulier conduit par les initiés jusqu’au moment où il rejoint les ancêtres. Ce n’est qu’à cette étape que les funérailles s’ouvrent », a-t-il indiqué.

Il a précisé que les cérémonies ont débuté la veille avec la mobilisation de l’ensemble des autorités traditionnelles, notamment les chefs des cinq provinces du canton, conduits par le roi, ainsi que les représentants de la communauté Koulango.
L’après-midi a été marquée par la présence du grand imam, des chefs de Kabla et de hautes personnalités politiques, venues témoigner sa compassion à la communauté endeuillée.
La journée du samedi a été consacrée à l’hommage de l’administration et des confessions religieuses chrétiennes, venues clôturer les rites funéraires.
Évoquant la mémoire du défunt, Koné Jacques Lobognon a souligné l’ampleur de la perte. « C’est une très grande perte. Celui qui nous a quittés avait le sens de l’union et du rassemblement. Il laisse un grand vide, mais nous devons faire corps pour poursuivre son œuvre et préserver la cohésion de notre communauté », a-t-il affirmé.
Il a rappelé que, conformément à la tradition, la désignation du successeur interviendra après une année de deuil, dans le respect des coutumes. « Nos sociétés sont organisées de telle sorte qu’il n’y a pas de vide. Malgré la douleur, la vie continue et la succession se prépare dans la sagesse », a-t-il expliqué.
Il a exprimé sa gratitude à l’ensemble des autorités administratives et des personnalités présentes.
L’ intérim est assuré par le chef des notables du quartier Nafana Katogo, également chef du village de Digoweri, Lobognon Koné, conformément aux us et coutumes du royaume Nafana.
Les Nafanas, originaires de Sinématiali, dans la région du Poro, précisément du village de Kakpogo, ont migré vers les terres de Bondoukou où ils se sont définitivement installés. Ils sont considérés comme propriétaires terriens, à l’exception des localités de Gbanhui, Yézimala, Gondo et Laoudi-Gan, a-t-on appris.
(AIP)
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