Abidjan, 13 avr 2026 (AIP) – Le ministre du Plan et du Développement, également gouverneur de la Banque africaine de développement (BAD) pour la Côte d’Ivoire, Souleymane Diarrassouba, a proclamé, jeudi 9 avril 2026, la Déclaration du Consensus d’Abidjan à l’issue du dialogue consultatif de haut niveau sur la Nouvelle architecture financière africaine (NAFA), rapporte une note d’information transmise à l’AIP.
Cette déclaration entérine la transformation de la NAFA en Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) et consacre l’adoption de 11 résolutions visant à réformer en profondeur les mécanismes de financement du développement sur le continent.
Organisée à l’initiative du Groupe de la BAD et placée sous le haut patronage du Président de la République, Alassane Ouattara, cette rencontre a été ouverte par le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, et dirigée par le président du Groupe de la BAD, Sidi Ould Tah.
Le dialogue a réuni à Abidjan des gouverneurs de banques centrales africaines, des responsables de fonds souverains, des dirigeants de banques régionales et commerciales, ainsi que des acteurs des marchés de capitaux et des autorités de régulation.
Le Consensus d’Abidjan vise à répondre à un paradoxe structurel du financement en Afrique, marqué par un déficit annuel estimé à plus de 400 milliards de dollars, malgré une épargne domestique évaluée à environ 4 000 milliards de dollars à moyen et long terme. Cette situation est notamment attribuée à la fragmentation des institutions, à une allocation insuffisante du risque et à un manque de coordination entre acteurs publics et privés.
La nouvelle architecture entend corriger ces insuffisances en réorganisant l’écosystème financier africain autour de principes de subsidiarité, de complémentarité, de coordination et de transformation du risque. Elle s’appuie sur neuf laboratoires thématiques structurés autour de trois piliers : l’architecture du système, la mobilisation du capital et le déploiement du capital.
À l’issue des travaux, Sidi Ould Tah a annoncé la mise en place d’un forum annuel chargé d’assurer le suivi et l’évaluation de cette initiative continentale.
Les onze résolutions adoptées reposent sur deux engagements majeurs, à savoir la mobilisation de l’épargne intérieure africaine au profit d’investissements productifs, et la mise en place d’une architecture continentale de partage des risques visant à réduire le coût du capital et à attirer davantage d’investissements privés et institutionnels.
« Le Consensus d’Abidjan est l’acte fondateur d’une architecture financière africaine souveraine. Ces résolutions traduisent une volonté collective de mobiliser les 4 000 milliards de dollars d’épargne du continent au service de son développement, en construisant les instruments qui nous permettront de financer notre propre transformation. La Côte d’Ivoire, dont le PND 2026–2030 repose à 70,2 % sur le secteur privé, prend toute sa part dans ce chantier », a déclaré Souleymane Diarrassouba.
À travers cette proclamation, la Côte d’Ivoire réaffirme son positionnement en tant qu’acteur clé dans la construction d’une architecture financière africaine souveraine, en cohérence avec les orientations de son Plan national de développement 2026-2030.
(AIP)
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