Abidjan, 17 avr 2026 (AIP)- L’Autorité de radioprotection, de sûreté et de sécurité nucléaires (ARSN) a tiré la sonnette d’alarme, jeudi 16 avril 2026, face à une recrudescence discrète mais réelle des usages du nucléaire civil en Côte d’Ivoire, révélant que 32 installations ont été suspendues l’année dernière pour non-conformité.
L’ARSN a déroulé sa feuille de route pour une institution qu’elle veut forte, lors d’un déjeuner de presse à Abidjan. L’objectif, a assuré son directeur général, Pr Georges Alain Monnehan, est de rassurer, affirmer son autorité et rappeler que même sans centrale nucléaire, la Côte d’Ivoire évolue dans un environnement où le risque radiologique est bien présent.
« La transition technologique et énergétique exige une régulation rigoureuse, transparente, tournée vers l’avenir », a souligné Pr Monnehan, face à la multiplication des usages du nucléaire civil dans les secteurs de la médecine, de l’industrie, des mines ou de l’agriculture.
Les chiffres de 2025 témoignent d’une activité soutenue avec 294 inspections réalisées (dont 35 réactives), 529 évaluations et 406 jugées conformes. Au total, 32 installations ont été suspendues pour non-conformité, un signal d’alerte fort dans un pays où les contrôles ont longtemps été jugés insuffisants.
L’année a également été marquée par un incident radiologique enregistré, sans dépassement des normes, rappelant que le risque zéro n’existe pas. Face à ce constat, l’ARSN a passé une commande d’équipements de 180 millions de FCFA pour renforcer son efficacité sur le terrain.
Avec 308 autorisations délivrées et 738 personnes sous surveillance dosimétrique en 2025, l’institution affiche une activité tangible. Mais l’ampleur des défis interroge sa capacité à couvrir l’ensemble des risques de manière optimale, dans un pays où les priorités économiques peuvent parfois reléguer la sûreté au second plan.
« La communication est au cœur de notre action », a assuré le directeur général appelant les médias à jouer un rôle clé comme, « partenaires de confiance ». Reste que, sans transparence totale, la confiance demeure fragile. En matière nucléaire, une certitude s’impose, l’erreur ne se mesure jamais en mots, mais toujours en conséquence.
(AIP)
gak/cmas

