Bouaké, 17 avr 2026 (AIP)- Le ministère d’État, ministère de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration, à travers le Programme national d’appui aux réformes institutionnelles et de la modernisation de l’État (PRIME), a procédé jeudi 16 avril 2026, à la préfecture de Bouaké, au lancement officiel du projet « Partenariat pour une administration citoyenne et la transformation de l’État » (PACTE).
La cérémonie a été présidée par le secrétaire général de la préfecture de Bouaké, Yapo Adépeau Jocelyn, représentant le préfet de la région de Gbêkê et du département de Bouaké, Tuo Fozié.
Ce lancement s’inscrit dans le cadre des ateliers de démarrage opérationnel des projets de proximité du PACTE dans huit localités retenues pour la phase pilote, à savoir Abengourou, Aboisso, Guiglo, Korhogo, Saïoua, Odienné, San Pedro et Bouaké.
La rencontre a été consacrée à la présentation du projet PACTE et du projet de proximité de Bouaké dénommé « Appui à la lutte citoyenne contre l’incivisme routier ».
Selon le chef de projet de proximité de Bouaké, Jean Luc Angan, le PACTE est une initiative de l’État ivoirien conduite en collaboration avec l’État français, à travers le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères. Il vise à moderniser l’administration publique en la rapprochant des citoyens, en renforçant la transparence et en favorisant la participation.
Prévu pour la période 2024-2026 pour un coût global de 619 millions de francs CFA, le projet ambitionne de renforcer la participation citoyenne dans la prise de décision publique, d’améliorer la qualité et l’accessibilité des services publics, de promouvoir la redevabilité et la transparence de l’action administrative, et d’accompagner la transformation digitale de l’État et des territoires.
Le PACTE repose sur une approche de gouvernance collaborative associant administrations publiques, collectivités territoriales, société civile et usagers dans la co-construction des politiques publiques et des services.
À Bouaké, le projet de proximité « Appui à la lutte citoyenne contre l’incivisme routier », d’un coût de 30 millions de francs CFA, vise à améliorer la sécurité routière dans trois quartiers identifiés comme accidentogènes, à savoir Dar-es-Salam, Commerce et Air France 2.
Ce projet prévoit la sensibilisation de 500 usagers de la route, dont 60% de conducteurs d’engins à deux roues, notamment les conducteurs de motos-taxis. Il inclut la mise en place de neuf clubs citoyens dans des gares routières, des établissements scolaires et des quartiers, ainsi que l’organisation d’un concours artistique par quartier portant sur des fresques et des messages de sensibilisation.
Les activités prévues sur la période 2024-2026 comprennent des campagnes de sensibilisation communautaire, des sessions de formation de conducteurs de motos-taxis, l’accompagnement de 50 citoyens à l’obtention du permis de conduire de catégorie A, la mise en place de brigades citoyennes de veille dans les quartiers, la création de clubs de sécurité dans les écoles, ainsi que l’installation de comités de gestion dans les gares routières.
Le dispositif prévoit également des actions de communication à travers les radios locales et d’autres médias, ainsi que des réunions mensuelles de suivi.
La cérémonie a été marquée par l’installation du Conseil citoyen local (CCL), composé d’une vingtaine de membres issus des collectivités territoriales, de l’administration publique, de l’Observatoire du service public (OSEP), de l’Observatoire de la solidarité et de l’équité régionale (OSER), des organisations de la société civile, des syndicats de transporteurs, de la chefferie traditionnelle, des guides religieux, des organisations de jeunes et de femmes, de la police et des quartiers concernés.
Le CCL est chargé d’assurer le suivi citoyen des projets de proximité, de veiller à la transparence dans leur mise en œuvre et de s’assurer que les actions répondent aux besoins des populations.
Intervenant au nom des membres du Conseil citoyen local, leur représentante a indiqué que le projet PACTE offre un cadre permettant aux citoyens de participer à la transformation du service public, en assurant un rôle de relais, de veille et de facilitation entre les populations et les équipes de mise en œuvre.
Elle a précisé que les membres du CCL s’engagent à produire des rapports mensuels de suivi, à assurer la circulation de l’information, à observer l’exécution des activités sur le terrain et à contribuer à la résolution des difficultés dans la limite de leurs compétences.
La cérémonie a également donné lieu à la remise de kits aux membres du Conseil citoyen local, destinés à soutenir l’organisation de leurs activités et à renforcer leurs capacités d’intervention.
Dans son intervention, Yapo Adépeau Jocelyn a souligné que l’incivisme routier constitue un défi aux conséquences humaines, sociales et économiques importantes. Il a relevé que le Conseil citoyen local occupe une place centrale dans le dispositif, notamment à travers le suivi participatif du projet, la facilitation du dialogue entre les acteurs, la mobilisation des communautés et la promotion de la transparence dans l’action publique.
Il a invité les membres du Conseil à s’impliquer dans la mise en œuvre du projet afin de contribuer à répondre aux besoins des populations de Bouaké, en collaboration avec les équipes du projet PACTE-PRIME et les partenaires techniques et financiers.
(AIP)
rkk

