Danané, 24 mai 2026 (AIP) – Les mesures conjointes de conservation mises en œuvre par la Côte d’Ivoire et la Guinée pour la préservation de la réserve naturelle intégrale du mont Nimba produisent des résultats encourageants, notamment dans le suivi des espèces protégées, la réduction des activités illégales et le renforcement du dispositif de surveillance, ont indiqué les responsables du site lors de la première session 2026 du comité local de gestion (CLG).
Réunis mardi 19 mai 2026 au bureau de l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR) de Danané, sous la présidence du préfet Vincent Hahoutou N’Guessan, les acteurs de la conservation ont présenté l’état d’avancement des mesures correctives exigées par l’UNESCO pour le retrait du mont Nimba de la liste du patrimoine mondial en péril.
Selon le lieutenant-colonel Ange Beda Alex, la coopération transfrontalière a permis d’améliorer le système de surveillance de la réserve, avec un taux de couverture estimé à 89 % depuis 2021, et de réduire les activités illégales après 2023. Les données de suivi écologique révèlent également une progression notable de certaines espèces emblématiques, dont le crapaud vivipare, passé de 9.500 individus à 16.200 en 2025. Le suivi des chimpanzés et du microprotamagal se poursuit grâce à des missions conjointes entre les deux pays.
Les responsables ont mis en avant l’harmonisation des protocoles de suivi écologique, la formation des agents à l’utilisation des drones, GPS et caméras de surveillance, ainsi que la conduite de patrouilles mixtes. Le colonel Zannou Moïse, conservateur du site, a précisé que sept patrouilles ordinaires ont été menées au premier trimestre 2026, représentant 630 hommes/jour de surveillance. Il a également souligné la mise en œuvre de campagnes de sensibilisation et de projets générateurs de revenus dans les villages riverains.
Toutefois, des difficultés subsistent, notamment l’insuffisance de financements, l’accès difficile à certaines zones et l’absence d’une plateforme commune de gestion des données. Pour accélérer le retrait du mont Nimba de la liste des sites en péril, les deux États prévoient de renforcer les patrouilles conjointes, d’élaborer un plan harmonisé de gestion des feux de brousse, de développer les activités génératrices de revenus et d’améliorer les infrastructures d’accès.
Classé patrimoine mondial de l’UNESCO pour sa biodiversité exceptionnelle et ses espèces endémiques, le mont Nimba reste menacé par les feux de brousse, le braconnage, les activités agricoles et les pressions minières dans sa périphérie.
(AIP)
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