Bouaké, 18 août 2026 (AIP)- La direction régionale du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat de Gbêkê va sévir contre la production et la commercialisation illicites des produits cosmétiques et d’hygiène corporelle dans les départements de Bouaké, Béoumi, Botro et Sakassou.
Le directeur régional du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Fadiga Mamadou, a fait cette annonce mardi 18 août 2026, au cours d’un point de presse organisé dans les locaux de la direction régionale à Bouaké.
M. Fadiga a indiqué que les artisans et opérateurs économiques exerçant dans le secteur des produits cosmétiques et d’hygiène corporelle sont tenus de respecter les dispositions réglementaires avant de commencer leurs activités. « En tant que ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, nous avons un rôle d’accompagnement des artisans et des opérateurs économiques, mais nous ne pouvons pas continuer à accepter que des gens violent la loi de façon perpétuelle dans l’accomplissement de leurs activités », a-t-il déclaré.
Selon lui, les personnes qui souhaitent se lancer dans la production et la commercialisation de ces produits doivent remplir un ensemble de conditions préalables et se conformer à la réglementation en vigueur. Il a cité le décret n°2015-288 du 29 avril 2015 portant réglementation des produits cosmétiques et des produits d’hygiène corporelle, qui encadre notamment la fabrication, l’importation, l’homologation, la distribution et la commercialisation de ces produits en Côte d’Ivoire.
Ce texte vise, selon le directeur régional, à protéger la santé publique en encadrant l’utilisation des substances entrant dans la fabrication des produits cosmétiques et d’hygiène corporelle et en luttant contre les mélanges artisanaux non contrôlés.
Pour exercer dans le respect de la réglementation, les opérateurs concernés doivent, dans un premier temps, s’inscrire auprès de la Chambre de métiers, puis effectuer les démarches d’immatriculation auprès du Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) afin d’obtenir le statut d’entrepreneur.
Ils doivent ensuite accomplir les formalités requises auprès du ministère en charge du Commerce pour disposer des documents nécessaires à l’exercice de leurs activités, notamment la carte de commerçant et les autres pièces prévues par la réglementation.
« Quand ils ne le font pas et qu’ils commencent à exercer leurs activités, l’administration est en droit d’employer des mesures de répression », a prévenu M. Fadiga, précisant que le point de presse constitue un avertissement aux opérateurs concernés.
Il a invité les personnes qui ne sont pas en règle à se mettre en conformité avec la réglementation avant la fin du mois d’août. « Nous leur donnons vraiment jusqu’à la fin de ce mois d’août pour qu’ils se mettent en conformité avec la réglementation parce que dès le début du mois prochain, nous allons prendre les dispositions pour assainir le marché », a-t-il annoncé.
Le directeur régional a relevé la présence sur le marché de produits qui ne répondent pas aux normes réglementaires. Il a rappelé que l’article 7 du décret n°2015-288 du 29 avril 2015 interdit le recours à certaines substances dans les produits cosmétiques, notamment les corticoïdes et le mercure et ses dérivés, tandis que l’hydroquinone est soumise à une limitation de son taux. « Malheureusement, le constat que nous faisons sur le marché est alarmant. Nous avons aujourd’hui un envahissement de produits qui ne correspondent pas aux normes réglementaires en la matière », a-t-il indiqué.
M. Fadiga a cité parmi les produits concernés les thés amincissants, les gélules de régime ainsi que les produits présentés comme permettant l’augmentation du volume des fesses ou de la poitrine. Il a précisé que ces produits, en raison de leur lien avec la santé, sont soumis à des exigences supplémentaires, notamment, l’homologation et l’autorisation préalable de l’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP).
Selon lui, des produits de cette nature sont commercialisés sans homologation et sans avoir fait l’objet des analyses requises. Le directeur régional a rappelé que la réglementation prévoit des sanctions pouvant aller de la saisie et de l’enlèvement des produits concernés à leur destruction, ainsi que des sanctions pécuniaires. Il a également souligné que certaines pratiques de commerce illicite peuvent constituer des infractions à caractère pénal.
La direction régionale du Commerce entend également veiller au respect de la réglementation dans les activités de savonnerie traditionnelle et artisanale.
Fadiga Mamadou a expliqué que la fabrication artisanale de savon est autorisée dans le respect des règles applicables, mais qu’elle ne peut être pratiquée dans des conditions susceptibles de créer des nuisances pour les populations riveraines. « Vous ne pouvez pas vous lever et produire du savon de façon artisanale dans une agglomération qui est destinée aux habitations en produisant des nuisances environnementales », a-t-il déclaré.
Le président des consommateurs de la région de Gbêkê, Diaby Kassamba, a salué l’initiative de la direction régionale du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat. Il a estimé que les mesures annoncées contribuent à la protection des consommateurs, notamment à travers la défense de leur droit à la sécurité. « Nous saluons l’initiative de cette alerte qui vise pour nous la protection des consommateurs parce que l’un des droits que nous défendons est le droit à la sécurité », a-t-il déclaré.
M. Diaby a relevé les risques liés à la consommation de produits fabriqués à partir de substances chimiques dont la composition, les dosages et les conditions de fabrication ne sont pas contrôlés. « Les usagers ou les consommateurs sont en danger par la consommation des produits qui sont faits à base de ces produits chimiques », a-t-il ajouté, appelant à combattre les pratiques susceptibles de mettre en danger la santé des consommateurs.
(AIP)
rkk

