Abidjan, 09 juin 2026 (AIP)- Les populations déguerpies du quartier de Koumassi Campement ont lancé un appel au secours aux autorités ivoiriennes, mardi 9 juin 2026, lors d’une conférence de presse tenue à l’Ecole primaire publique (EPP) BAD.
Porté par leur porte-parole, Didier Kouamé, le chef traditionnel Nana Affi Aka et le sinistré Bonga Joachim, ce cri de cœur réclame une prise en charge immédiate et dénonce des méthodes jugées « brutales » et « inhumaines ».
« Nous n’avons reçu aucune notification préalable de déguerpissement. C’est une méchanceté », a déclaré, la voix tremblante, Didier Kouamé, propriétaire sur le site. Selon son témoignage, des engins sont apparus mercredi 3 juin, accompagnés des forces de l’ordre, pour raser un site de dix hectares abritant plusieurs dizaines de familles.
Le porte-parole des sinistrés a affirmé que de nombreux habitants possèdent des Attestations de concession définitive (ACD) délivrées par les autorités compétentes, certaines datant de 2013 et la sienne de 2025.
« Comment se fait-il qu’un site qui serait la propriété de quelqu’un d’autre reçoive encore des ACD ? », s’est-il interrogé, mettant en cause un certain Brou Jacques qui, via une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, revendique la propriété du terrain depuis 2016.
Le porte-parole a également déploré l’absence d’information de la mairie, laquelle aurait déclaré n’avoir pas été consultée. « En pleine période d’examen à grand tirage, ces enfants, qu’est-ce qu’ils font ? », s’est-il indigné, soulignant que les familles sinistrées sont désormais exposées à des risques sanitaires majeurs.
A son tour, le chef Affi Aka, résidant sur le site depuis 1983, a lancé un vibrant appel au président de la République, Alassane Ouattara et à la Première dame.
« Je demande à mes frères ambassadeurs, à madame Dominique Ouattara, ma maman, de nous aider. Nous sommes malheureux, nous n’avons plus rien. Comment allons-nous faire ? Nous pleurons, aidez-nous », a-t-il supplié, affirmant avoir perdu cinq cours qu’il avait lui-même financées sur un ancien espace marécageux.
Un autre sinistré, Bonga Joachim, a abondé dans le même sens. « Nous sommes dans un pays de droits. À supposer même que ce terrain ait un propriétaire légitime, toute opération de déguerpissement doit être accompagnée d’informations préalables. Nous avons été surpris, sans pouvoir sauver nos biens », a-t-il dénoncé. Il a évalué à plus de mille le nombre de personnes touchées, réparties sur dix îlots d’environ 150 mètres carrés chacun.
(AIP)
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