Yamoussoukro, 07 sept 2026 (AIP) – Le président de la Haute autorité pour la bonne gouvernance (HABG), Zoro Bi Ballo Epiphane, a réaffirmé lundi 7 septembre 2026 à Yamoussoukro, l’engagement de l’institution à accompagner les petites et moyennes entreprises (PME) ivoiriennes dans l’adoption de pratiques fondées sur l’intégrité, la transparence et la conformité.
M. Zoro Bi s’exprimait à l’ouverture de la 3e cohorte du Programme d’accompagnement à l’intégrité financière des PME (PAIF-PME Propre), organisée à l’Académie de la Bonne Gouvernance et du Leadership Anti-Corruption (ABG-LAC), avec la participation d’environ 200 dirigeants et référents de PME du District de Yamoussoukro et des localités environnantes.
Pour le président de la HABG, l’intégrité financière ne doit pas être perçue comme un simple ensemble de procédures, mais comme une véritable culture devant guider les décisions et les pratiques quotidiennes des entreprises. Il a notamment appelé les dirigeants à faire de leurs PME des modèles de changement en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption.
« Nous voulons réussir, mais nous voulons réussir dans les règles », a-t-il déclaré, estimant que l’intégrité ne signifie pas renoncer à la performance, mais rechercher celle-ci sans abandonner les principes. Selon lui, une PME qui tient une comptabilité fiable, produit une information financière sincère, maîtrise ses procédures internes et gère rigoureusement ses ressources améliore sa capacité à investir, à se développer et à créer des emplois.
Zoro Bi Ballo a également souligné le rôle déterminant des PME dans l’économie ivoirienne. Il a relevé que ces entreprises représentent plus de 90 % des entreprises du secteur privé, environ 20 % du Produit intérieur brut (PIB) et près de 23 % des emplois formels. Elles sont appelées à contribuer fortement aux investissements privés attendus dans le cadre du Plan national de développement (PND) 2026-2030.
Il a insisté sur la nécessité pour les PME ivoiriennes de se conformer aux standards internationaux, notamment ceux relatifs à la lutte contre le blanchiment de capitaux et la corruption, afin de pouvoir accéder davantage aux marchés internationaux et développer des partenariats avec les grandes multinationales.
Le président de la HABG a expliqué que la conformité constitue désormais un outil permettant aux PME de gagner des parts de marché et de nouer des collaborations avec les multinationales, dans un environnement économique de plus en plus exigeant. Il a notamment évoqué les exigences liées à la loi française Sapin 2, au UK Bribery Act et aux règles américaines de lutte contre la corruption.
Il a, par ailleurs, appelé les PME à assumer leur responsabilité dans la lutte contre la corruption, estimant que celle-ci ne concerne pas uniquement le secteur public. « Nos PME devraient pouvoir dire non à la corruption », a-t-il lancé, invitant les participants à considérer cette troisième cohorte non seulement comme une étape de formation, mais surtout comme une étape d’engagement.
La formation, qui s’étend sur deux jours, prévoit une première journée consacrée aux dirigeants, autour de la gouvernance d’entreprise, de la prévention de la corruption, de l’analyse des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, ainsi que du cadre réglementaire international applicable aux PME. La seconde journée est dédiée aux référents d’entreprise et porte notamment sur la détection des opérations suspectes, les procédures KYC et la déclaration auprès de la CENTIF.
La présidente du Mouvement des PME, Patricia Zoundi Yao, a salué l’implication directe de la HABG dans le programme et indiqué que 535 acteurs économiques avaient déjà été mobilisés à Abidjan, dont 250 dirigeants et 285 référents formés, sur un objectif national de 500 PME et dirigeants en six mois.
(AIP)
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