Cet article a été publié le: 31/05/22 12:28 GMT

Le gouvernement congolais mise sur le PPP pour “accélérer” la diversification de son économie (Ministre de la Coopération et de la Promotion du PPP)

Brazzaville (République du Congo), 31 mai 2022 (AIP)- Le gouvernement congolais veut miser sur le partenariat public-privé (PPP) pour « accélérer » la diversification de son économie fortement dépendante de l’exploitation pétrolière.

Le partenariat public-privé consiste en la concession par un Etat ou un de ses démembrements (collectivité locale, établissement public, société à participation publique majoritaire), de tout ou partie de la réalisation, l’exploitation et la gestion d’un projet à vocation de service public à une entité privée, pour une durée déterminée, précise-t-on.

Le PPP est « un accélérateur de la diversification économique », mais aussi un « mode mode de financement innovant qui représente une alternative à l’endettement public », justifie le ministre congolais de la Coopération internationale et de la Promotion du partenariat public-privé, Denis Christel Sassou Nguesso.

Dépendance du pétrole

M. Sassou Nguesso qui s’exprimait à l’ouverture de la première édition du Forum international sur le partenariat public-privé (Forum PPP), lundi 30 mai 2022 au Centre international des conférences de Kintélé à Brazzaville, a ajouté que la promotion du PPP permettra de favoriser non seulement la création des richesses et des emplois directs et indirects, mais aussi l’acquisition des expertises nécessaires au développement du pays d’Afrique centrale.

Le Congo, dont les deux tiers de recettes budgétaires proviennent de l’exploitation du pétrole, s’est inscrit dans un Plan national de développement (PND) sur la période 2022-2026 de près de 9000 milliards de francs CFA (près de 15 milliards de dollars) dont 24 % de ressources propres. Le pays entend mobiliser 22 à 22% de ce montant à travers le partenariat public-privé.

Potentialités sous exploitées

Des experts et membres du gouvernement congolais qui se sont succédé à des panels ont relevé d’énormes potentialités dont regorge le pays, mais qui demeurent sous exploitées.

Le Congo jouit, selon eux, de prédispositions naturelles favorables, grâce à sa situation géographique « en plein cœur de l’Afrique centrale et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale. Un marché commun de près de 60  millions de consommateurs potentiels.

Mais aussi, la position stratégique du Port en eau profonde de Pointe Noire, l’un des plus importants du continent, qui se trouve quasiment à équidistance entre le détroit de Gibraltar et le cap de bonne espérance.

Le pays dispose également de 170 kilomètres de façade maritime, « constituant une véritable niche d’investissements dans le domaine touristique ».

Alors que les congolais rechignent encore à s’intéresser à l’agriculture, leur pays dispose de 10 millions d’hectares de terres arables dont seulement 4 % sont exploités.

« Booster l’agriculture par le PPP, c’est possible ; car toutes les conditions sont réunies », a estimé pour sa part la représentante de la FAO au Congo, Yannick Arianne Rasoarimanana, exhortant les autorités congolaises à promouvoir davantage la mécanisation de l’agriculture et l’entreprenariat dans le secteur.

Ce, d’autant plus que le pays dispose d’une importante quantité de potasse, phosphate et gaz, trois composants essentiels à la production des fertilisants agricoles.

Une autre richesse du Congo, indique-t-on, réside dans son potentiel forestier. Il renferme plusieurs essences de bois recherchés à travers le monde, et opte désormais, à travers un nouveau code forestier, instituer le principe du partage de production pour favoriser la transformation locale du bois.

Un projet de loi pour encadrer les PPP

Toutefois, l’une des conditions de la réussite de cette ambition étant l’amélioration du climat des affaires, le gouvernement congolais examinera bientôt un projet de loi pour encadrer les partenariats public-privé et contribuer à l’amélioration du climat des affaires.

Cette loi, si elle est votée par le parlement viendra étoffer celles déjà existantes en matière de bonne gouvernance, notamment la loi portant création de la  Haute autorité de lutte contre la corruption, la loi portant création de l’Agence congolaise pour la création des entreprises.

Mais aussi, elle devrait optimiser les activités du Comité du dialogue Public Privé, et le Guichet unique des opérations transfrontalière.

Initié par le ministère de la Coopération internationale et du Partenariat public-privé, le Forum PPP vise à promouvoir les potentialités économiques du Congo auprès du privé et les investisseurs étrangers, afin de les mobiliser en faveur du financement des projets prioritaires du gouvernement dans le cadre de son PND.

(AIP)

tm