Cet article a été publié le: 17/07/21 13:50 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/ Des défis restent à relever pour la protection de l’enfance dans le Denguélé (Autorité)

Odienné, 17 juil 2021 (AIP)- Les indicateurs concernant la jouissance des enfants de leurs droits notamment à la scolarisation, à la santé et à la protection, dans le district du Denguélé, révèlent de “gros défis” encore à relever, quoique l’on est en droit de se féliciter de quelques acquis, estime le directeur régional de la Femme, de la Famille et de l’Enfant des régions du Kabadougou et du Folon, Charles Doually Ba Bi.

S’exprimant à la faveur de la célébration locale de la Journée de l’enfant africain, vendredi 16 juillet 2021, M. Ba Bi a salué les efforts du gouvernement à travers plusieurs programmes qui ont permis de couvrir les localités des deux régions en nombre satisfaisant d’infrastructures scolaires et sanitaires.

Cependant, à l’en croire, à ce jour, environ 40% d’enfants de 6 à 11 ans, dans le Denguélé, se retrouvent en dehors du système scolaire. Les jeunes filles constituent la moitié de ce nombre. Une grande partie également de ces enfants reste contrainte à ne fréquenter que l’école coranique.

Pour ce qui est du droit à la santé, le premier responsable local en charge de la question  juge que les enfants n’ont pas suffisamment accès aux centres de santé, et les adolescents aux services de santé sexuelle et de reproduction. C’est ainsi que, selon lui, notamment 30% d’enfants, dans la zone, connaissent un problème de nutrition.

Aussi pour lui, le chantier reste-t-il énorme en matière de protection de l’enfance dans cette partie Nord du pays, où la pratique de l’excision peine à reculer, avec un taux de 70% de jeunes filles victimes. Il a également déploré les cas de violences basées sur le genre, avec un taux élevé de mariage avant l’âge requis. « On retire même des enfants de l’école pour les mettre en mariage. Face à tout cela, il y a beaucoup de gros défis qui restent à relever », a-til admis, préconisant une plus grande prise de conscience collective.

« Nous appelons d’abord les parents. Ils doivent assumer leurs responsabilités. A un deuxième niveau, les services de l’Etat, les services déconcentrés, les collectivités locales doivent se mettre ensemble dans un élan de synergie d’actions pour que chacun, dans son secteur, puisse apporter quelque chose afin de pouvoir relever tous les défis qui se présentent en termes d’Education, de Santé et de Protection de l’enfance », a indiqué le directeur régional.

Le centre social d’Odienné a abrité la cérémonie locale de commémoration de la Journée de l’enfant africain. La cérémonie a réuni de nombreux enfants pour des instants de gaieté. Ces enfants ont été instruits notamment sur leurs droits à travers des sketches. Une occasion choisie également pour promouvoir le centre de santé scolaire et universitaire et pour exhorter les jeunes adolescents, scolarisés ou non, à fréquenter cette structure qui leur est dédiée.

La Journée de l’enfant africain est une journée internationale organisée chaque année depuis le 16 juin 1991 par l’Organisation de l’unité africaine, en souvenir du massacre de centaines d’enfants lors d’une marche pour leurs droits à Soweto par le pouvoir de l’apartheid le 16 juin 1976. Le thème pour 2021 invite à dresser le bilan des acquis, en vue d’une projection sur les défis futurs.

(AIP)

kg/cmas