Cet article a été publié le: 7/07/21 9:04 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/ Des dispositions prises pour une gestion optimale des inondations à San-Pedro (feature)

San-Pedro, 07 juil 2021 (AIP)- Le préfet de la région de San-Pedro, préfet du département de San-Pedro, Ousmane Coulibaly, a initié des actions pour faire face aux conséquences des inondations consécutives aux pluies torrentielles en cours dans la ville portuaire, afin de préserver la vie des populations cibles.

Lors d’une réunion d’information et de sensibilisation avec les représentants des différentes couches de la population sur les inondations, M. Ousmane Coulibaly a annoncé, lundi 05 juillet 2021 à San-Pedro, que ces mesures de crise sont similaires à celles appliquées pendant la saison des pluies torrentielles des années passées. Elles concernent la prévention du phénomène et la prise en charge des populations sinistrées des quartiers déjà inondés.

Des sites réquisitionnés pour accueillir les populations déplacées

Le comité départemental de crise pour la gestion des conséquences des inondations, présidé par le préfet et composé de plusieurs autorités administratives et sécuritaires, des élus et des chefs de quartiers, s’est déjà mis au travail. Il est chargé d’initier et d’intensifier les campagnes d’information et de sensibilisation des populations par des rencontres et la diffusion des messages à travers les radios locales. Il a également pour mission d’identifier les zones à risque, prendre des dispositions pour la délocalisation des populations de ces zones, répertorier les sites d’accueil des éventuels sinistrés, coordonner toutes les actions en lien avec les inondations et prendre des mesures sanitaires en vue de faire face à des épidémies pouvant survenir.

Ce comité a déjà identifié comme premier site d’accueil la mosquée Cité-Balmer, en tenant compte de certains paramètres notamment, les toilettes de la mosquée et un espace pour faire la cuisine. Par ailleurs, lors de la réunion de sensibilisation, un fondateur d’école a promis de mettre son établissement à la disposition du comité.
Le préfet a engagé aussi des négociations avec le clergé catholique pour l’obtention d’un site à mettre à la disposition des habitants du quartier Zimbabwé menacés par les eaux.

Il sollicite les élus pour des dons de vivres et non vivres pour la prise en charge des éventuels déplacés qui seront contraintes de vivres sur les sites d’hébergement provisoires, dans des conditions minimales, jusqu’à la fin de la saison des pluies.

Des appels à l’endroit des populations installées illégalement sur les sites à risque

L’autorité préfectorale avait déjà mis en mission les pompiers civils, depuis plus de deux semaines, pour des séances de sensibilisation dans les zones à risque situées notamment dans les quartiers SOTREF, Victor Ballet, Colas et Zimbabwé.
Les habitants de ces sites refusent de déguerpir, malgré les campagnes de sensibilisations, sous prétexte qu’ils ont achetés ces lots et ne disposent pas de moyens et d’autres sites pour se reloger.

«Nous avons fait ce qui est de notre devoir», a indiqué Ousmane Coulibaly, remerciant la mairie, le conseil régional, les pompiers civils, les forces de défenses et de sécurité, pour leur implication dans la gestion des inondations.
Il exhorte les populations à éviter de persévérer dans les mauvais comportements, mais à suivre les conseils qui leur sont donnés en quittant ces sites, pour échapper aux dégâts inévitables des pluies torrentielles. Il invite les chefs de quartiers, de communautés, les guides religieux et les élus à s’impliquer fortement dans la sensibilisation.

Les autorités expliquent les inondations par plusieurs facteurs favorisant. La première cause est naturelle et concerne la situation géographique de San-Pedro dans une zone caractérisée par un réseau hydrographique est assez dense, marquée par la présence de lacs, des marécages, de deux fleuves (San-Pedro et Digboué) qui côtoient la ville. Il y a aussi le niveau plus bas de la ville par rapport à la mer.

A cela s’ajoutent les actions des populations récalcitrantes qui persistent dans des mauvais comportements notamment, des lotissements anarchiques, des remblais hydrauliques de terrains et des constructions anarchiques, empêchent l’écoulement des eaux de pluies et des fleuves vers les exutoires naturels, provocant les débordements.

Un bilan déjà inquiétant après quelques semaines de pluies torrentielles

Le bilan des inondations consécutives à quelques semaines de pluies fait état de l’immersion de plusieurs maisons dans les quartiers SOTREF, Victor Ballet, Colas et Zimbabwé avec deux décès. Certain habitants ont été contraints à abandonner leurs domiciles.

Le site du parc à bois sis à l’entrée principale de la ville est entièrement occupé par les eaux issues du débordement du fleuve San-Pedro. Ces eaux ont totalement occupé la voie d’accès aux villages Poro et Kablaké et à la décharge municipale. Elles ont rendu cette route impraticable au point qu’un pêcheur (Toro Guy Hilaire) a mis une pirogue en service pour des traversées payantes. Il embarque des personnes, les marchandises et les engins à deux roues, pour une recette moyenne journalière de 5.000F. Pour les véhicules (mêmes les camions des ordures), l’accès à cette zone est quasi impossible.

L’année dernière, au cours de cette même saison, deux caïmans se sont introduits dans des domiciles des quartiers situés à proximité du grand lac de la ville. M. Ousmane Coulibaly prévient que cet incident peut se reproduire, parce que ces reptiles sont encore dans les eaux.

Face à ce bilan et les prévisions météorologiques de la Société d’Exploitation et de Développement Aéroportuaire, Aéronautique et Météorologue (SODEXAM) qui annoncent une persistance des pluies torrentielles dans la région avec des précipitations qui varieront entre 500 et 700 MM, le préfet annonce la poursuivre des actions de sensibilisation du comité de crise à l’endroit des populations des zones inondables.

Plusieurs actions sont préconisées, entre autres, la délimitation visuelle des zones inondables, le déguerpissement, la prise de mesures de désapprobation des lotissements illégaux et la transformation manu-militari de ces sites en espaces verts.

(AIP)

nbf/ask