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Abidjan, 25 sept 2026 (AIP) – L’Afrique doit renforcer ses capacités propres dans le domaine spatial et tirer parti des constellations de satellites en orbite basse (LEO) pour réduire sa dépendance technologique et consolider sa souveraineté numérique, a plaidé jeudi 24 septembre 2026 à Abidjan, le directeur général de l’Agence spatiale de Côte d’Ivoire (ASCI), Dr Tidiane Ouattara.

Intervenant lors d’un panel consacré à la « connectivité internationale : rôle des constellations LEO, état des lieux et perspectives pour l’Afrique », à l’occasion de la deuxième édition du Forum des radiocommunications (FRC 2026), M. Ouattara, également président du conseil de l’Agence spatiale africaine (AfSA), a estimé que la connectivité spatiale constitue désormais un levier majeur de développement et de souveraineté pour le continent.

L’Afrique demeure fortement dépendante des infrastructures de télécommunications sous-marines, tandis que les réseaux terrestres, dont le déploiement reste coûteux et inégal, ne permettent pas de couvrir l’ensemble des territoires, notamment les zones enclavées ou à faible densité de population.

Dans ce contexte, les constellations LEO apparaissent comme une solution complémentaire susceptible d’améliorer la couverture et l’accès aux services numériques. Leur développement, favorisé par la miniaturisation des satellites et de nouvelles technologies telles que le « Direct-to-Device », ouvre notamment des possibilités de connexion dans des zones difficilement accessibles par les infrastructures terrestres.

Le développement rapide de ces constellations soulève toutefois de nouveaux défis, notamment la congestion des orbites basses, la multiplication des débris spatiaux et les incidences environnementales liées à l’accroissement du nombre de satellites en orbite. Plus de 10 000 satellites actifs étaient recensés à fin 2024, selon des données citées lors des échanges.

Face à cette évolution, Dr Tidiane Ouattara a appelé les pays africains à ne pas se limiter à la consommation des technologies développées ailleurs, mais à développer leurs propres compétences, leurs infrastructures et une véritable capacité d’innovation dans le secteur spatial.

Il a notamment plaidé pour un soutien accru à la recherche et au développement, à l’incubation des start-ups, au transfert de technologies et à la valorisation des résultats de la recherche, afin que la valeur créée dans le domaine spatial bénéficie davantage au continent.

Cette ambition passe également, selon lui, par la formation d’un vivier de compétences. Il a ainsi évoqué la création d’une académie spatiale, le développement de programmes de formation avancée et la mise en place d’initiatives de sensibilisation destinées à susciter des vocations scientifiques et technologiques auprès des jeunes.

Le panel s’est tenu dans le cadre de la deuxième édition du FRC 2026, organisée du 24 au 26 septembre au Parc des Expositions d’Abidjan, autour du thème « Déploiement des réseaux radioélectriques terrestres et satellitaires, et exposition aux ondes électromagnétiques : stratégie nationale ».

(AIP)

bsp/cmas

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