Cet article a été publié le: 21/09/21 13:22 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/Inter/ En France, la Commission inceste appelle les victimes à témoigner

Abidjan, 21 sept 2021 (AIP) – “Vous n’êtes plus seuls, on vous croit”, la Commission Inceste lance en France, mardi 21 septembre 2021, une plate-forme téléphonique pour recueillir la parole des victimes de violences sexuelles dans l’enfance et s’inspirer de leur vécu pour définir des outils pour protéger les enfants.

La ligne 0805 802 804 est ouverte de 10H00 à 19H00. Un autre numéro, 0800 100 811, est adapté aux horaires de l’Outre-Mer.

Les victimes trouveront aussi les modalités pour témoigner par écrit sur le site internet de la Ciivise, Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, sous l’égide du secrétariat d’Etat chargé de l’Enfance, ou demander à être reçues par elle.

Selon l’enquête nationale Virage de 2015, quelque 14,5% des femmes et 4% des hommes ont subi des violences sexuelles au cours de leur vie. Plus de la moitié des femmes et deux tiers des hommes ont subi ces violences avant 18 ans.

En appelant ce numéro dédié, les victimes “seront entendues par des écoutants expérimentés, en mesure de décrypter les mécanismes des violences sexuelles et la stratégie de l’agresseur, qui connaissent l’impact traumatique qu’elles ont. Des écoutants qui pourront les orienter si elles ont besoin d’une aide, psychologique, sociale ou juridique”, explique le coprésident de la Ciivise, Edouard Durand.

“L’écoutant aura la capacité d’évaluer l’état émotionnel de la personne qui témoigne, car c’est un moment important, même si les faits ont eu lieu il y a 40 ou 50 ans”, ajoute cet ancien juge des enfants pendant 17 ans.

“Il est possible aujourd’hui de soigner le psycho traumatisme, avec des soins spécialisés, au lieu d’en traiter les symptômes toute la vie. Des victimes disent que cela a changé leur vie”, précise-t-il.

Les victimes se verront en outre proposer de remplir un questionnaire élaboré avec des chercheurs pour documenter les mécanismes des violences sexuelles, leur impact y compris à l’âge adulte, et les réponses sociales et judiciaires qui ont été données. Tout cela nourrira le travail de la Ciivise qui préconisera à l’horizon 2023, une politique publique pour répondre aux besoins des victimes.

(AIP)

amak/cmas