Cet article a été publié le: 27/11/20 15:57 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/Inter/Ethiopie : l’armée fédérale bloque l’un des principaux accès au Soudan (Réfugiés)

Abidjan, 27 nov 2020 (AIP)- L’armée éthiopienne a bloqué une des principales routes menant au Soudan, empêchant des Éthiopiens fuyant la guerre au Tigré de rejoindre le pays voisin, selon des réfugiés parvenus jeudi 26 novembre 2020 au poste-frontière de Lugdi, dans l’est du Soudan, rapportent des médias internationaux.

« L’armée éthiopienne a coupé la route menant à la frontière soudanaise au niveau de la localité de Humera (20 km de la frontière) et ceux qui cherchent à gagner le Soudan doivent éviter la route principale et passer à travers les champs sans se faire voir par les soldats”, a expliqué Tesfai Burhano, qui venait d’arriver à Lugdi.

Jeudi 26 novembre, ce poste-frontière était vide et aucun soldat éthiopien n’y était visible. Un journaliste sur les lieux a pu voir une dizaine de réfugiés traverser la frontière pendant qu’il se trouvait sur place, selon la presse internationale.

Le nombre d’arrivées de réfugiés éthiopiens au Soudan a nettement baissé depuis une semaine, selon les chiffres du Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR). Mercredi 25 novembre, l’agence onusienne recensait 718 arrivées, contre 3.813 le 21 novembre.

Selon le HCR ce vendredi 27 novembre, plus de 43.000 éthiopiens réfugiés fuyant les violences au Tigré sont arrivés au Soudan depuis le début du conflit meurtrier au Tigré, dont 70 % via Hamdayit, dans la province soudanaise de Kassala, le reste via celle de Gedaref.

La région du Tigré, dans le nord de l’Ethiopie, est le théâtre d’âpres combats depuis que le Premier ministre Abiy Ahmed y a lancé une opération militaire le 4 novembre, accusant les responsables du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) de chercher à déstabiliser le gouvernement fédéral et d’avoir attaqué deux bases militaires éthiopiennes dans la région, ce que nient les autorités tigréennes.

A l’orée de la quatrième semaine d’offensive militaire contre le TPLF, M. Abiy fait face à des pressions croissantes de l’ONU et de plusieurs pays, inquiets des conséquences sur les civils d’un assaut sur Mekele et de possibles “crimes de guerre”, ainsi que des risques que le conflit dégénère en affrontements communautaires dans un pays où habitent près de 80 peuples.

Le gouvernement fédéral a poliment décliné lundi 23 novembre, l’offre de médiation de l’Union africaine (UA), dont le siège est à Addis Abeba. Mercredi 25 novembre, M. Abiy a fermement demandé à la communauté internationale de se garder de toute “interférence dans les affaires internes” de son pays. Le jour suivant, il a ordonné à l’armée de lancer l’offensive finale contre les autorités dissidentes du Tigré à Mekele, capitale de cette région du Nord de l’Éthiopie.

Le gouvernement fédéral a affirmé jeudi 26 novembre, avoir commencé « la distribution de nourriture, médicaments, eau potable et denrées non alimentaires » aux civils déplacés « dans les zones du Tigré sous (son) contrôle » et promis « l’ouverture d’une voie d’accès humanitaire ».

Il se dit “déterminé à travailler avec les agences de l’ONU et autres organisations humanitaires” qui ont réclamé récemment de pouvoir accéder à la région.

Le HCR a entamé vendredi 27 novembre au Soudan, une opération humanitaire d’envergure pour aider ces réfugiés éthiopiens.

(AIP)

eaa/ask