Cet article a été publié le: 28/07/21 17:37 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/Inter/ La justice française condamne le vice-président équato-guinéen pour “biens mal acquis”

Abidjan, 28 juil 2021 (AIP)- Le vice-président de la Guinée équatoriale, Teodoro Nguema Obiang Mangue a été condamné mercredi 28 juillet 2021 par la justice française pour “biens mal acquis”, après le rejet de son pourvoi par la Cour de cassation, rapportent des médias internationaux.

Le fils du Président équato-guinéen contestait en effet sa condamnation en France pour détournement de fonds publics dans son pays. Sa défense estimait que la justice française n’avait pas à se prononcer sur des délits commis à l’étranger, mais la Cour de cassation en a décidé autrement.

Teodorin Obiang, 52 ans, avait été condamné par la cour d’appel de Paris en février 2020 à trois ans de prison avec sursis, 30 millions d’euros d’amende et la confiscation de tous ses biens saisis pour “blanchiment d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics et d’abus de confiance” entre 1997 et 2011. Cette condamnation en appel est donc confirmée.

De part cette condamnation, la Guinée équatoriale devient le premier pays à bénéficier du tout dernier mécanisme de restitution des avoirs saisis dans les affaires dites de “biens mal acquis” de dirigeants étrangers adopté le 12 juillet par la France. Ce dispositif permet de rendre aux populations les recettes provenant des biens confisqués aux personnes définitivement condamnées pour, entre autres, blanchiment ou recel, au lieu d’être absorbées dans le budget de l’Etat français.

La justice française a estimé à 150 millions d’euros les sommes blanchies en France par Teodorin Obiang, avec lesquelles il s’est notamment acquis un hôtel particulier de près de 3000 m2 avenue Foch, dans l’un des quartiers les plus huppés de Paris. Cinéma, hammam, marbre et robinets en or, une bâtisse estimée à 107 millions d’euros.

Selon Sara Brimbeuf, une responsable du plaidoyer “flux financiers illicites” à Transparency international, partie civile dans cette affaire, “c’est une immense victoire, une décision historique qui met un point final à 14 ans de procédure”.

Toutefois, Teodorin Obiang a la possibilité d’avoir un dernier recours. Il peut saisir la Cour européenne des droits de l’homme.

(AIP)

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