Cet article a été publié le: 27/10/21 13:39 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/Inter/ La souscription d’une assurance peut apporter des réponses aux sécheresses (Spécialiste)

Abidjan, 27 oct 2021 (AIP) – La souscription d’une assurance peut apporter des réponses aux sécheresses, selon Amadou Diallo, coordinateur régional du financement des risques de catastrophe, service d’anticipation des crises et de financement des risques du Start Network cité, mercredi 26 octobre 2021 par African Media Agency (AMA).

D’après les recherches effectuées par African risk Capacity (ARC) et les données recueillies, chaque dollar dépensé dans une intervention précoce par le biais de ce mécanisme d’assurance permet d’économiser 4,5 dollars dépensés après la survenue d’une crise.

Le but ultime est de permettre aux gouvernements africains de souscrire leurs propres polices d’assurance, transférant ainsi la plus grande part possible des risques. Certaines régions d’Afrique connaissent des sécheresses chroniques qui ont de profondes répercussions sur les populations. En prenant cette initiative, le gouvernement sénégalais envoie un message extrêmement positif au reste du continent, et ce depuis 2013, indique Amadou Diallo.

En cas de catastrophe, l’aide n’arrive généralement que trois mois après l’événement, indique Amadou Diallo. À ce stade, elle s’attache principalement à remédier aux conséquences de la catastrophe, comme la malnutrition, la perte de moyens de subsistance et d’autres conséquences négatives. Le succès des interventions dépend donc du moment où l’aide peut être apportée.

Les recherches effectuées par le Start Network et l’ODI sur les appels de l’ONU montrent qu’au moins 55 % des fonds ont été alloués à des crises qui sont plus ou moins prévisibles, mais que moins de 1 % des fonds consacrés à ces crises ont été débloqués sur la base de seuils de déclenchement et de plans convenus à l’avance.

La science des assurances est capable de quantifier la probabilité de précipitations insuffisantes en s’appuyant sur plusieurs années de données, ainsi que leurs conséquences sur les revenus des communautés rurales locales. Des seuils de déclenchement sont définis et lorsqu’ils sont atteints, une indemnité est versée.

Le seuil se base sur l’Indice de satisfaction des besoins en eau développé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Par comparaison avec les données satellites sur les précipitations, celui-ci estime le nombre de personnes susceptibles d’être victimes d’une insécurité alimentaire.

Tout au long de l’année 2020, six membres du Start Network (Action contre la Faim, Catholic Relief Services, Oxfam, Plan International, Save the Children et World Vision) ont collaboré avec le gouvernement pour apporter de l’aide aux 355 000 Sénégalais en amont d’une grave sécheresse de grande ampleur.

“En agissant plus tôt, nous pouvons atténuer l’impact des crises sur les communautés à risque. (…) Nous savons que cela est plus rentable que de laisser l’état nutritionnel des populations se dégrader au point de nécessiter une intervention nutritionnelle”, estime Amadou Diallo.

(AIP)
cmas