Cet article a été publié le: 29/07/22 14:05 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/Inter/ Le dernier rapport de l’Onusida révèle une lutte freinée par les crises mondiales

Abidjan, 29 juil 2022 (AIP)- Le dernier rapport annuel de l’Onusida, publié mercredi 28 juillet 2022 par le bureau régional Afrique de l’ouest et du centre basé à Dakar (Sénégal), et intitulé « Danger », révèle une lutte essoufflée par la pandémie de Covid-19 et les autres crises mondiales actuelles.

Même si les nouvelles infections au VIH dans le monde ont continué de baisser en 2021 (de 3,6% comparé à 2020), il s’agissait de la plus petite réduction depuis 2016. Aussi, le nombre de personnes séropositives ayant accès à un traitement a bien continué d’augmenter en 2021, mais seulement de 1,47 million, comparé à 2 millions les années précédentes. C’est aussi la plus petite augmentation depuis 2009.

Le Covid-19 a notamment perturbé l’accès aux traitements et aux services de prévention. La guerre en Ukraine, et la crise économique en résultant, ont de leur côté provoqué des assèchements ou redirections de fonds. «Ces deux dernières années, les crises multiples et simultanées qui ont secoué le monde ont eu un impact dévastateur sur les personnes infectées par le VIH, et ont fait reculer la réponse du monde face à la pandémie de sida», alerte ce rapport publié à l’occasion de la pré-conférence (tenue les 27 et 28 juillet 2022), en marge de l’ouverture de la 24ème Conférence internationale sur le sida qui se tient du 29 juillet au 2 août 2022 à Montréal (Canada).

Les populations les plus fragiles, telles que les jeunes femmes et les adolescentes sont les plus touchées, souligne le rapport. « Dans certains pays, ce sont les pauvres qui manquent d’accès», a déclaré lors d’une conférence de presse la directrice exécutive de l’Onusida, Winnie Byanyima.

Selon les chiffres, environ 38,4 millions de personnes vivent avec le VIH, et autour de 28,7 millions de personnes ont accès à la thérapie antirétrovirale.  Aussi en 2021, environ 1,5 million de nouvelles infections au VIH ont été déplorées, soit plus de 4.000 personnes/jour, c’est à dire qu’il y a une nouvelle infectée toutes les deux minutes; et 650 000 personnes sont mortes du sida en 2021, soit un décès/minute.

Le rapport pointe également que l’écart d’accès aux traitements entre les enfants et les adultes se creuse, au lieu de se résorber. Ainsi, en 2021, alors que 70% des adultes vivant avec le VIH recevaient un traitement antirétroviral, ce n’était le cas que de 41% des enfants. Soit environ 800 000 enfants séropositifs ne recevant aucun traitement alors que les enfants représentaient 4% de la population vivant avec le VIH en 2021, mais 15% des décès liés au virus. Les usagers de drogues, les professionnel(le)s du sexe et les hommes gays sont toujours les populations les plus à risque.

Les spécialistes tels que le directeur de l’Institut national américain des maladies infectieuses, Dr Anthony Fauci, craignent que “la fatigue face à l’épidémie ne provoque un trou dans les ressources dédiées. Avec une maladie que nous avons combattue ensemble depuis maintenant plus de 40 ans, cela rend difficile de maintenir la motivation ». Ajoutant qu’avec le Covid-19, et maintenant la variole du singe, « les gens se retrouvent épuisés face aux épidémies et pandémies, donc je pense que notre défi est de nous battre deux fois plus pour ramener le VIH dans les priorités ».

Des fonds supplémentaires doivent être donc engagés dès aujourd’hui afin d’atteindre l’objectif de mettre fin à l’épidémie de sida d’ici 2030, plaide l’Onusida, car en 2021, les ressources internationales disponibles pour lutter contre le VIH étaient 6% moins généreuses qu’en 2010. «Les dirigeants ne doivent pas prendre cette immense alerte rouge pour un panneau stop. Ce rapport n’est pas une admission d’échec mais plutôt un appel à l’action », sourient Winnie Byanyima.

La Conférence internationale sur le sida est organisée par Société internationale pour le sida, basée à Genève (Suisse). Cette édition de Montréal qui a pour thème “Se réengager envers le sida et suivre la science”, accueille 6.500 participants. La Société internationale compte environ 11 600 membres impliqués dans la lutte contre le VIH/sida provenant de plus de 170 pays.

(AIP)

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